Une étude d'envergure internationale, menée par le Global Methane Hub et le programme de Yale sur la communication climatique, révèle une montée en puissance de la conscience environnementale au Nigeria. Près de 90 % des adultes interrogés soutiennent désormais des mesures concrètes pour réduire les émissions de méthane, un gaz à effet de serre au pouvoir réchauffant 80 fois supérieur au dioxyde de carbone sur deux décennies.
Une adhésion populaire en forte progression
Le soutien à la réduction des émissions de méthane a bondi de 17 points de pourcentage par rapport aux données de 2024, atteignant 89 %. Cette dynamique reflète une inquiétude grandissante face aux dérèglements climatiques : plus de la moitié des Nigérians se disent très préoccupés par le changement climatique. Les menaces immédiates, telles que la dégradation de la qualité de l'eau, les inondations récurrentes et la pollution de l'air, cristallisent les craintes d'une population directement exposée aux conséquences environnementales.
Le secteur pétrolier et gazier sous pression
L'industrie pétrolière et gazière est au cœur des attentes citoyennes. Environ 57 % des répondants considèrent les entreprises du secteur comme les principaux responsables du changement climatique, tout en estimant, à 78 %, qu'elles possèdent les capacités techniques pour inverser la tendance. Les pratiques de torchage, les fuites de méthane et le vieillissement des infrastructures dans le delta du Niger sont pointés du doigt pour leurs impacts sanitaires et économiques. Outre les risques respiratoires pour les riverains, le gaspillage de gaz associé représente une perte de revenus substantielle pour le pays.
Des leviers d'action transversaux
La demande de régulation ne se limite pas à l'énergie : elle s'étend à l'agriculture et à la gestion des déchets, où le soutien aux politiques de réduction du méthane dépasse les 84 %. Si la volonté politique et industrielle est attendue, le rapport souligne que la corruption demeure perçue comme un obstacle majeur à l'application effective des normes environnementales. Pour les experts, une action coordonnée sur le méthane permettrait non seulement de ralentir le réchauffement climatique à court terme, mais aussi d'améliorer la compétitivité du gaz nigérian sur les marchés internationaux, de plus en plus exigeants sur l'empreinte carbone des fournisseurs.
Un enjeu de santé publique et de résilience
La réduction des émissions de méthane est présentée comme l'un des leviers les plus rapides pour limiter la hausse des températures mondiales. Au-delà de l'aspect climatique, les bénéfices attendus incluent une amélioration de la qualité de l'air et une meilleure résilience des systèmes alimentaires. Alors que le Nigeria fait face à des inondations de plus en plus fréquentes, la pression citoyenne pour une gestion responsable des ressources et une meilleure protection des populations vulnérables devient un impératif politique incontournable.