Malgré l’installation de 308 000 nouveaux compteurs en deux mois, près de 4,85 millions de clients nigérians restent sans dispositif de mesure, prolongeant une facturation estimée jugée opaque et injuste.
Un gap persistant malgré les avancées
Les données publiées par la Nigerian Electricity Regulatory Commission (NERC) révèlent que, sur les 12,59 millions de clients actifs en juin 2026, seulement 7,74 millions sont désormais équipés d’un compteur. Cela laisse 4,85 millions de foyers dans l’incapacité de payer leur consommation réelle, dépendant ainsi de factures estimées par les DisCos. Entre mai et juin 2026, ces dernières ont pourtant installé 308 106 nouveaux compteurs, portant le taux de métrage global à 61,5 %, contre 61 % le mois précédent.
Des disparités régionales marquées
Les performances varient considérablement selon les distributeurs. Eko Disco affiche le meilleur taux avec 88,7 % de clients métérés, suivie d’Ikeja Electric (87,91 %) et d’Abuja Disco (81,38 %). Ces écarts soulignent des dynamiques locales contrastées dans la mise en œuvre des politiques de métrage, malgré les objectifs nationaux.
Un programme national sous pression
Le gouvernement fédéral avait annoncé avoir météré 60 % des clients actifs via la première phase du programme DISREP, financé à hauteur de 500 millions de dollars par la Banque mondiale. Sous l’égide de l’Initiative présidentielle de métrage (PMI), coordonnée par le Bureau des entreprises publiques (BPE), 668 000 compteurs ont été déployés et installés sur les 1,033 million livrés à ce jour. Cependant, le directeur général du BPE, Ayodeji Gbeleyi, a reconnu que seulement 60 % des compteurs livrés ont été effectivement installés, révélant un décalage entre les livraisons et les installations opérationnelles.
Vers l’élimination des factures estimées ?
Le ministre de l’Énergie, Joseph Tegbe, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à éliminer les factures estimées arbitraires, qualifiant cette priorité de « valeur à offrir aux Nigérians ». Pourtant, la persistance de 4,85 millions de clients non métérés maintient une source de tensions sociales, les consommateurs dénonçant des surfacturations récurrentes. La NERC présente ces chiffres comme une « progression continue », mais le rythme actuel suggère que l’objectif d’un métrage total pourrait prendre plusieurs années.