Entre le 2 août et le 17 septembre 2026, neuf incidents majeurs de déversement de pétrole brut ont été officiellement enregistrés dans les États du Delta, de Bayelsa et de Rivers. Au total, près de 130 000 litres d'hydrocarbures se sont répandus dans l'environnement, le Delta concentrant à lui seul 90 % de ces pollutions qui menacent durablement les terres, les eaux de surface et la biodiversité aquatique.
Une concentration alarmante dans l'État du Delta
L'État du Delta a été le théâtre de sept des neuf incidents recensés par l'Agence nationale de détection et de réponse aux déversements d'hydrocarbures (NOSDRA). L'incident le plus critique s'est produit le 26 août sur une tête de puits exploitée par ND Western à Okpare-Olomu. Plus de 112 000 litres de brut se sont échappés en raison d'une erreur opérationnelle ou de maintenance. Bien qu'une partie du pétrole ait été récupérée, environ 42 000 litres restent dans la nature, contaminant les sols et la végétation environnante.
Impacts sur les écosystèmes et les communautés
Les conséquences de ces déversements dépassent le cadre technique des installations pétrolières. Dans la communauté d'Egwa, un incident lié à une défaillance d'équipement a entraîné la mort de poissons et la destruction de filets de pêche, illustrant la vulnérabilité directe des populations locales dont la subsistance dépend des ressources aquatiques. À Bayelsa, un déversement de 14 000 litres, attribué à un acte de sabotage via un engin explosif improvisé, a pollué une zone marécageuse estimée à 1,62 million de mètres carrés, soulignant l'ampleur des dégâts environnementaux causés par ces ruptures d'infrastructures.
Des causes multiples et persistantes
Les rapports officiels attribuent ces incidents à une combinaison de facteurs : sabotage et vol de pétrole, corrosion des installations, défaillances techniques et erreurs humaines. Cette récurrence s'inscrit dans une tendance de fond observée depuis plusieurs années dans la région. Si les données de la NOSDRA permettent de quantifier les volumes déversés et, dans certains cas, récupérés, elles ne rendent pas compte de l'étendue réelle des dommages à long terme, ni des coûts de remédiation nécessaires pour restaurer les écosystèmes affectés. La persistance de ces pollutions, qu'elles soient accidentelles ou criminelles, continue de poser un défi majeur pour la sécurité environnementale et la stabilité socio-économique du delta du Niger.