Le paysage démographique espagnol connaît une mutation marquée au cours du deuxième trimestre 2026, caractérisée par une forte mobilité des populations étrangères. Si l'Espagne affiche une croissance globale inédite, les données officielles révèlent un mouvement de départ significatif au sein de la communauté marocaine résidant dans le pays.
Selon les chiffres récents de l'Institut national de la statistique (INE), près de 10 900 ressortissants marocains en situation régulière ont quitté l'Espagne entre les mois d'avril et juin 2026. Ce volume place la communauté marocaine au deuxième rang des nationalités étrangères ayant le plus quitté le pays sur cette période, juste derrière les Colombiens, dont les départs s'élèvent à plus de 11 500 individus.
Une dynamique de mobilité contrastée
Ces départs, qui concernent aussi bien des retours vers le pays d'origine que des réinstallations dans d'autres États, s'inscrivent dans un mouvement plus large touchant diverses nationalités. À titre de comparaison, l'Espagne a vu le départ de 5 300 Roumains, 3 700 Italiens et 3 200 Ukrainiens au cours du même trimestre. Toutefois, cette tendance au départ ne signifie pas une décrue de la présence marocaine en Espagne : le Royaume reste un contributeur majeur aux flux d'arrivée, avec plus de 21 000 nouveaux ressortissants installés sur le territoire espagnol durant le deuxième trimestre 2026, se classant ainsi troisième derrière les Colombiens et les Vénézuéliens.
Une croissance démographique nationale soutenue
Malgré ces mouvements de sortie, l'Espagne confirme une trajectoire de croissance démographique robuste. La population étrangère résidant dans le pays a progressé de plus de 87 000 personnes, atteignant un total de 7,44 millions d'habitants. Au niveau global, le pays a franchi le cap des 49,8 millions d'habitants au début du mois de juillet, avec une projection de croissance annuelle estimée à plus de 444 000 personnes.
Disparités régionales dans l'évolution de la population
L'augmentation de la population ne se répartit pas de manière uniforme sur le territoire espagnol. La Communauté valencienne se distingue par la progression démographique la plus dynamique, enregistrant une hausse de 0,43 %, suivie par les îles Baléares (0,36 %) et les Asturies (0,29 %). À l'inverse, les îles Canaries affichent une croissance plus modérée, limitée à 0,03 %. Cette vitalité démographique, portée par l'immigration, reste un indicateur clé pour les politiques publiques espagnoles, bien que les flux de départ soulignent la volatilité de certaines communautés étrangères dans un contexte économique globalisé.