À quelques jours du dépôt officiel du projet de loi de finances 2027 au Parlement, le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a finalisé une série de consultations avec sept départements ministériels. Ces échanges visent à définir les enveloppes budgétaires sectorielles, tout en soulignant l'écart persistant entre les besoins exprimés par les ministères et la réalité de l'exécution budgétaire.
Des revendications centrées sur l'exécution des crédits
Les consultations menées début septembre 2026 ont mis en lumière une tendance récurrente : au-delà de la simple demande d'augmentation de crédits, plusieurs ministères insistent sur l'effectivité des décaissements. C'est le cas notamment des Affaires sociales, de l'Éducation nationale et du secteur des Personnes vivant avec handicap. Pour ces derniers, l'enjeu est la mécanisation de 2 037 agents déjà recrutés mais toujours en attente d'inscription au fichier de paie de l'État. Cette problématique illustre une volonté gouvernementale de privilégier la régularisation des engagements existants plutôt que le lancement de nouvelles politiques publiques.
Un cadre macroéconomique sous tension
Ces arbitrages s'opèrent dans un périmètre financier strictement défini. Le cadre budgétaire à moyen terme table sur des recettes de 41 602 milliards de francs congolais, avec un objectif global de 18 milliards de dollars pour l'exercice 2027. Toutefois, la volatilité du taux de change — avec un franc congolais évoluant en dessous des hypothèses budgétaires — et une inflation en glissement annuel de 3,36 % imposent une gestion prudente. Le gouvernement doit composer avec ces indicateurs monétaires tout en préparant le dépôt du projet de loi au plus tard le 15 septembre, conformément au calendrier constitutionnel.
L'absence notable des secteurs de la Défense et de la Santé
Il est à noter que les ministères de la Défense et de la Santé publique ne figurent pas parmi les sept secteurs dont les demandes ont été rendues publiques. Cette absence interroge, alors que ces deux domaines ont connu des pressions budgétaires majeures au cours de l'année 2026. Les dépenses de sécurité avaient notamment bondi de 119,2 % sur un an, atteignant environ 3,9 milliards de dollars, tandis que le plan de riposte contre Ebola nécessite des ressources massives estimées à 1,3 milliard de dollars. La manière dont ces secteurs cruciaux seront intégrés dans l'arbitrage final du Conseil des ministres reste un point de vigilance majeur pour l'équilibre du budget 2027.