Les côtes des Seychelles, joyaux de la biodiversité, font face à une crise environnementale majeure causée par l'accumulation massive de déchets plastiques et d'engins de pêche. Une étude récente démontre que cette pollution ne provient pas de côtes lointaines, mais est directement liée aux activités maritimes menées au sein même de la zone économique exclusive de l'archipel.
L'impact direct des activités halieutiques
Les recherches, basées sur cinq années de suivi par satellite et des simulations de dérive, indiquent que la majorité des engins de pêche retrouvés sur les plages seychelloises sont issus de navires opérant dans les eaux nationales. Cette réalité fragilise les écosystèmes locaux et pèse lourdement sur l'économie, notamment sur le tourisme et la pêche artisanale. À titre d'exemple, le nettoyage du seul atoll d'Aldabra, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, nécessiterait un investissement estimé à 4,68 millions de dollars.
La responsabilité des flottes européennes
L'accord de pêche liant les Seychelles à l'Union européenne est au cœur des préoccupations. Les données révèlent une forte présence de senneurs et de palangriers européens, dont les dispositifs de concentration de poissons contribuent significativement aux débris marins. Alors que l'accord a été renouvelé pour la période 2026-2030, la compensation financière versée par l'UE est jugée insuffisante par les experts au regard des dommages environnementaux et des coûts de dépollution induits pour l'État seychellois.
Le défi du trafic maritime international
Au-delà de la pêche, le transit maritime commercial constitue une source majeure de pollution plastique. Plus de 90 % des déchets issus de ce secteur proviendraient de cinq routes maritimes spécifiques traversant l'ouest de l'océan Indien. La lutte contre ce phénomène nécessite une application plus rigoureuse des conventions internationales interdisant le déversement de déchets en mer, ainsi qu'une coopération bilatérale renforcée avec les pays dont les navires empruntent ces couloirs.
Vers une meilleure valorisation des coûts environnementaux
Face à ce constat, les chercheurs préconisent une stratégie plus ferme pour les futures négociations. Il est suggéré aux autorités seychelloises d'intégrer systématiquement le coût réel du nettoyage et de la restauration des écosystèmes dans les accords de pêche. Cette approche permettrait de faire supporter la charge financière de la dépollution aux acteurs économiques responsables, tout en finançant la préservation durable du patrimoine naturel de l'archipel.