Les cours d’eau de Beni, au Nord‑Kivu, se transforment en dépotoirs à ciel ouvert, exposant les riverains à des risques d’infections hydriques et à des nuisances olfactives. Face à l’aggravation du problème, les autorités locales annoncent des sanctions financières et des arrestations pour les contrevenants.
Déversement quotidien d’ordures dans les rivières Mabakanga, Kasabi et Kilokwa
Les habitants de Beni et les conducteurs de tricycles chargés du ramassage urbain jettent chaque jour des sacs plastiques, des vêtements usagés et d’autres détritus directement dans les rivières. Le mode opératoire consiste à remplir des seaux ou des sacs, puis à les vider dans l’eau dès qu’ils sont pleins. Lors des pluies, le courant emporte les déchets, mais en saison sèche les débris s’accumulent le long des berges, créant des amas visibles et entravant le débit naturel.
Impact sanitaire et olfactif sur les communautés riveraines
Les riverains décrivent une détérioration du cadre de vie : les eaux stagnantes dégagent des odeurs nauséabondes, surtout pendant la saison sèche, et favorisent la prolifération de bactéries responsables de maladies hydriques. Un habitant a témoigné que ces conditions « provoquent des maladies » et que l’absence d’écoulement accentue le problème. La contamination des sources d’eau locale expose la population à des risques d’infections gastro‑intestinales, un enjeu de santé publique majeur dans la région.
Réaction du chef de quartier et mesures répressives envisagées
Norbert Kitobi, chef du quartier Mabakanga, a rappelé les réunions de sensibilisation organisées pour inciter chaque ménage à installer une fosse à ordures individuelle afin d’incinérer les déchets non recyclables. Constatant l’insuffisance de ces initiatives, il a annoncé le passage à une phase répressive : des amendes seront infligées et des arrestations prononcées en cas de flagrant délit de déversement d’ordures dans les cours d’eau. Cette décision vise à réaffirmer le principe selon lequel la préservation des rivières est indispensable à la santé publique et à la cohésion communautaire.
Enjeux de gestion des déchets et perspectives d’amélioration
Le cas de Beni illustre la difficulté de concilier gestion urbaine des déchets et protection de l’environnement dans les villes du Nord‑Kivu. Sans infrastructures de collecte et de traitement adéquates, les populations continuent de recourir à des pratiques informelles qui aggravent la pollution. Les autorités locales devront donc renforcer les capacités de collecte, développer des solutions de traitement (incinération contrôlée, recyclage) et poursuivre les campagnes de sensibilisation pour changer durablement les comportements. Le suivi de l’application des sanctions annoncées constituera un indicateur clé de l’efficacité de la réponse institutionnelle.