Politiques vaccinales en France : une hausse massive des dépenses sans atteinte des objectifs de santé publique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Politiques vaccinales en France : une hausse massive des dépenses sans atteinte des objectifs de santé publique

Malgré une augmentation de 70 % des dépenses consacrées à la vaccination en six ans, la France peine à atteindre ses objectifs de couverture vaccinale. Un rapport récent de la Cour des comptes souligne un décalage persistant entre l'investissement financier, qui a atteint 1,4 milliard d'euros en 2024, et les résultats sanitaires observés sur le terrain.

Un bilan en demi-teinte pour la prévention

Le constat dressé par les Sages est sévère : les politiques menées depuis 2018 n'ont pas permis de combler le retard français par rapport à ses voisins européens. La couverture vaccinale contre la grippe chez les plus de 65 ans stagne à 54 %, bien loin de l'objectif de 75 % fixé par l'OMS. De même, la lutte contre le papillomavirus (HPV) reste insuffisante, avec seulement 55 % des jeunes de 15 ans vaccinés, contre plus de 80 % dans des pays comme le Portugal ou la Suède. Parallèlement, la résurgence de la rougeole, avec une hausse de 80 % des cas en 2025, illustre une méfiance vaccinale qui fragilise la protection collective.

L'efficience budgétaire en question

Si la vaccination demeure un levier essentiel pour réduire la pression sur le système hospitalier — les coûts liés aux complications de la grippe étant particulièrement élevés —, la gestion des ressources est pointée du doigt. La Cour des comptes s'interroge sur la pertinence des choix budgétaires actuels. Elle suggère notamment de réorienter les financements vers les populations les plus jeunes plutôt que d'investir massivement dans des vaccins dont l'efficience n'est pas toujours démontrée. L'institution préconise désormais une analyse systématique de l'impact budgétaire en vie réelle pour chaque nouveau produit vaccinal.

Le défi de la donnée et de l'accès

L'un des freins majeurs identifiés est la faiblesse du suivi numérique. Le dossier médical partagé (DMP) reste largement sous-utilisé : seulement 11 % des usagers disposent d'un historique vaccinal à jour, faute d'implication suffisante des médecins traitants et d'accès pour les professionnels de santé scolaire ou du travail. Cette lacune empêche une gestion réactive en cas d'épidémie.

Inégalités sociales et leviers scolaires

Enfin, le rapport met en lumière la persistance d'inégalités sociales marquées, les zones prioritaires affichant des taux de vaccination nettement inférieurs. Pour corriger ces disparités, la Cour recommande de renforcer la stratégie de santé scolaire. Elle propose notamment d'autoriser les infirmiers de l'Éducation nationale à prescrire et administrer les vaccins, afin de transformer les collèges en véritables centres de prévention accessibles à tous, indépendamment du milieu social des élèves.

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