Les policiers français expriment leur colère à travers une mobilisation nationale, réclamant des améliorations salariales et des moyens supplémentaires pour exercer leur métier.
Revendications syndicales
Les syndicats de policiers, dont Alliance Police Nationale, exigent une revalorisation de l'indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP), leur « prime de risque », qui n'a pas été augmentée depuis 2019. Ils demandent également des moyens supplémentaires pour le personnel administratif, technique et scientifique, ainsi que des réponses concernant les carrières et les effectifs.
Le syndicat Alliance estime que la police a besoin de 300 à 500 millions d'euros supplémentaires par an pour répondre à ces besoins.
Épuisement et manque de reconnaissance
La mobilisation ne se limite pas à la question salariale. Les policiers dénoncent un sentiment d'épuisement croissant, un manque d'effectifs, des difficultés matérielles et une absence de reconnaissance salariale. Ils réclament des conditions de travail plus adéquates et une reconnaissance à la hauteur des défis qu'ils affrontent quotidiennement.
Tension avec le ministère de l'Intérieur
Cette mobilisation fait suite à plusieurs mois de tension entre les syndicats et le ministère de l'Intérieur. Les syndicats ont dénoncé l'absence d'avancées suffisantes sur leurs revendications budgétaires lors d'une rencontre avec le ministre Laurent Nuñez en septembre. Le syndicat Alliance a appelé à transformer cette colère en action sur le terrain.
Le mouvement de protestation a débuté dès l'été avec un appel à la « zéro initiative » lancé par Alliance, bientôt rejoint par Un1té.
Décisions gouvernementales contestées
Les syndicats reprochent au gouvernement plusieurs décisions récentes, notamment la revalorisation du traitement des commissaires, perçue comme déséquilibrée par les autres catégories. Ils dénoncent également le report de la promotion au grade de brigadier-chef, initialement prévue pour janvier, au 1er juillet 2027.
Pression sur le gouvernement
Le ministère de l'Intérieur fait face à un défi de taille : désamorcer une colère qui s'installe dans la durée. Les syndicats exigent des engagements concrets alors que l'examen du budget 2027 approche. La mobilisation de ce mardi constitue un premier test pour le gouvernement.
Cette pression syndicale est renforcée par les élections professionnelles prévues en décembre dans la police nationale.