Une vive controverse oppose actuellement le gouverneur de l'État d'Anambra, Charles Soludo, à son prédécesseur et candidat à l'élection présidentielle de 2027, Peter Obi. Au centre des tensions : des allégations de dettes héritées que l'administration actuelle affirme devoir rembourser, une version formellement contestée par l'ancien gouverneur.
La genèse du litige financier
La polémique a été déclenchée par les déclarations du commissaire aux finances de l'État d'Anambra, Izuchukwu Okafor. Lors d'une intervention publique, ce dernier a soutenu que l'administration de Charles Soludo, en poste depuis 2022, était contrainte de solder des dettes contractées sous les mandats précédents, incluant celui de Peter Obi (2006-2014). Face à ces accusations, Peter Obi a réagi avec fermeté depuis Washington, affirmant qu'à son départ, l'État ne portait aucune dette salariale, de pension ou envers des fournisseurs. Il a également assuré avoir laissé plus de 75 milliards de nairas dans les caisses de l'État, précisant les références du compte bancaire concerné.
Un défi public lancé à l'administration Soludo
Peter Obi a franchi une étape supplémentaire en lançant un défi public au gouverneur Soludo : apporter la preuve de ses allégations, allant jusqu'à promettre de mettre fin à sa campagne présidentielle si les faits démontraient qu'il avait laissé des dettes. Cette prise de position a suscité une vague de réactions au sein de l'opinion publique nigériane. De nombreux citoyens et observateurs, dont des analystes politiques et des juristes, pressent désormais le gouverneur Soludo de présenter les relevés bancaires ou les documents comptables susceptibles d'infirmer les dires de son prédécesseur.
Les critiques sur la stratégie politique du gouverneur
Au-delà du débat comptable, la récurrence des attaques de Charles Soludo contre Peter Obi suscite l'incompréhension d'une partie de la population. Certains observateurs, à l'instar de l'analyste Darlington Agomuo, y voient une stratégie politique contre-productive, suggérant que le gouverneur gagnerait à se concentrer sur sa propre performance à la tête de l'État plutôt que sur une confrontation avec une figure dont l'envergure est désormais nationale. Pour ses détracteurs, cette posture pourrait être perçue comme un signe de jalousie ou une manœuvre visant à se positionner dans le paysage politique national, au risque de fragiliser sa propre crédibilité auprès des citoyens de l'Anambra qui attendent des résultats concrets.