Le Parlement ghanéen est au cœur d'une controverse numérique après la circulation d'un document attribué à la vice-présidente du groupe minoritaire, Patricia Appiagyei. Ce mémo, largement relayé, suggérait le refus d'une somme de 70 000 GH¢ qui aurait été versée aux membres de la commission des nominations en lien avec le processus de validation de candidats ministériels et judiciaires.
Un démenti formel des autorités parlementaires
Jerry Ahmed Shaib, deuxième whip adjoint de la minorité, a formellement réfuté la véracité de ces allégations. Selon ses déclarations, le document circulant sur les réseaux sociaux est un faux. Il a précisé avoir échangé directement avec Patricia Appiagyei, qui a exprimé son indignation face à cette manœuvre, affirmant n'avoir jamais reçu, ni retourné, une telle somme d'argent. Le député a appelé le public à faire preuve d'une grande prudence face à la prolifération de ces informations non vérifiées.
La genèse d'un document controversé
Le mémo en question, daté du 2 septembre, prétendait que Mme Appiagyei avait ordonné la restitution de 70 000 GH¢ reçus du whip en chef de la majorité. Le texte justifiait ce refus par une volonté de ne pas percevoir d'avantages financiers lors de l'examen des dossiers de collègues parlementaires, tels que Mahama Ayariga et Zanetor Agyemang-Rawlings. Le document invoquait également une question de principe liée au boycott, par la minorité, de la procédure de validation de trois juges de la Cour suprême, qualifiant l'acceptation d'un tel « cadeau » d'impensable dans ce contexte.
Tensions sur les procédures de nomination
Cette affaire survient dans un climat politique déjà tendu au sein de l'hémicycle. Le 27 août dernier, le groupe minoritaire avait officiellement suspendu sa participation à la validation des trois candidats à la Cour suprême — les juges Sophia Rosetta Oduokuwa Bernasko Essah, Edward Amoako Asante et Anthony Forson Jnr. Le leader de la minorité, Alexander Afenyo-Markin, avait alors dénoncé un non-respect des usages parlementaires, critiquant notamment le délai de préavis de trois jours accordé pour ces auditions, alors que la pratique standard exige généralement un délai de quatorze jours avec publication préalable dans la presse. Si le démenti de M. Shaib clôt temporairement le débat sur le versement financier, il souligne la persistance de fortes divergences sur les méthodes de travail au sein de la commission des nominations.