L'Association marocaine d'aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV) suit actuellement le sort de plus de 800 ressortissants marocains bloqués en Algérie. Cette situation humanitaire complexe concerne des individus en détention, en rétention administrative ou portés disparus après des tentatives de migration irrégulière.
Une cartographie des situations de détresse
Les données compilées par l'organisation basée à Oujda révèlent une réalité fragmentée. Sur les 800 dossiers recensés, plus de 600 personnes sont incarcérées dans des établissements pénitentiaires algériens, tandis qu'une centaine d'autres font l'objet d'enquêtes judiciaires. Par ailleurs, 113 individus se trouvent en attente de rapatriement ou maintenus en rétention administrative après avoir purgé leur peine. L'association signale également des cas de disparitions, alimentant l'inquiétude croissante des familles marocaines en quête d'informations.
La dynamique des rapatriements au poste-frontière de Jouj Bghal
Malgré les tensions diplomatiques, des opérations de transfert de ressortissants marocains se poursuivent épisodiquement via le poste-frontière d'Oujda-Maghnia, communément appelé « Jouj Bghal ». Récemment, 49 candidats à l'émigration, incluant des femmes et des mineurs, ont été remis aux autorités marocaines. Ce transfert fait suite à une opération similaire survenue le 12 août, lors de laquelle dix autres citoyens avaient regagné le Royaume. Ces mouvements restent toutefois ponctuels au regard du volume total des dossiers en attente.
Coordination institutionnelle et enjeux humanitaires
Pour faire face à cette crise, l'AMSV multiplie les démarches d'accompagnement auprès des familles et coordonne ses actions avec le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger. Le travail de terrain s'appuie également sur une collaboration avec les consulats du Maroc à Oran, Tlemcen et Alger. La question du sort des migrants marocains, qui s'étend également à la Tunisie et à la Libye, demeure une préoccupation majeure pour la société civile, qui appelle à une accélération des procédures de rapatriement pour mettre fin à l'incertitude pesant sur ces centaines de familles.