Le système d'affectation scolaire au Ghana affronte une crise de saturation : 8 225 candidates se disputent seulement 800 places à Aburi Girls' Senior High School, l'un des lycées les plus prestigieux du pays.
Un lycée sous pression, symbole d'un système saturé
Avec plus de 8 000 candidates ayant choisi Aburi Girls' comme premier vœu pour la rentrée 2026, le lycée illustre la pression croissante sur les établissements d'élite ghanéens. Selon Sherif Sulemana, coordinateur du Computerised School Selection and Placement System (CSSPS), ces chiffres révèlent une demande bien supérieure à l'offre, avec 3 000 candidates affichant des notes exceptionnelles (aggregates entre 6 et 12) pour seulement 800 places disponibles.
Des critères de sélection qui brouillent les attentes
Contrairement aux idées reçues, l'affectation ne repose pas uniquement sur les notes. Les candidats sont d'abord classés nationalement, puis départagés par leurs scores bruts en cas d'égalité. Les choix de filières et les préférences d'internat entrent ensuite en jeu. Une nuance cruciale : un candidat avec un aggregate légèrement moins bon peut être retenu s'il a obtenu de meilleurs résultats à l'examen brut, ce qui complique les anticipations des familles.
Un phénomène qui dépasse Aburi Girls'
Ce déséquilibre entre l'offre et la demande n'est pas isolé. D'autres lycées prestigieux, comme Achimota, font face à des situations similaires : près de 15 000 candidates pour 1 300 places disponibles. Ces chiffres soulignent un problème structurel du système éducatif ghanéen, où la concentration des demandes sur quelques établissements crée une compétition démesurée, laissant des milliers de candidats sans affectation dans leurs premiers choix.
Quelles solutions pour l'avenir ?
Face à cette saturation, les autorités appellent à une meilleure information des candidats et des parents sur les mécanismes de sélection. Sherif Sulemana insiste sur la nécessité de diversifier les vœux et de ne pas surestimer l'importance des aggregates. Pourtant, sans une augmentation significative des capacités d'accueil ou une réforme profonde du système, la pression sur les lycées d'élite risque de persister, alimentant frustration et inégalités d'accès à l'éducation de qualité.