Plus de 400 employés de la société Northern Ashanti Mines Limited (NAMLC) ont officiellement saisi le président John Mahama pour contester la fermeture soudaine de leur site d'exploitation. Cette intervention fait suite à la prise de contrôle des installations par le Secrétariat national des opérations anti-exploitation minière illégale (NAIMOS), une mesure qui plonge des centaines de familles dans une précarité immédiate.
Une évacuation brutale et des conséquences sociales
Le 22 octobre dernier, les opérations ont été interrompues sans préavis, les salariés n'ayant disposé que de trois heures pour quitter les lieux. Cette décision a non seulement privé 430 employés de leur revenu principal, mais a également empêché de nombreux travailleurs de récupérer leurs effets personnels, toujours bloqués dans les bureaux et logements de fonction. Au-delà des effectifs directs, l'impact économique touche l'ensemble de la région : plus de 40 % de la main-d'œuvre étant issue des communautés locales, ce sont également les fournisseurs, les transporteurs et les commerces de proximité qui subissent de plein fouet cet arrêt d'activité.
L'avenir des projets d'expansion en suspens
La fermeture intervient à un moment charnière pour l'entreprise, qui investissait massivement dans son développement. La construction d'une nouvelle usine de traitement, dont la mise en service était prévue pour le premier trimestre 2027, devait permettre la création de plus de 1 000 emplois directs et indirects. Par ailleurs, des équipements essentiels, contenus dans 17 conteneurs de quarante pieds, sont actuellement bloqués dans les ports en attente de dédouanement, illustrant l'ampleur du blocage logistique et financier engendré par cette situation.
Le démantèlement des programmes de formation jeunesse
L'arrêt des activités compromet également l'avenir professionnel de nombreux jeunes Ghanéens. Le site accueillait un programme de formation pour diplômés comptant plus de 40 inscrits, tandis qu'une cinquantaine d'autres étaient en phase d'intégration. De plus, 50 postes de service national avaient été réservés pour l'année 2026/2027. En sollicitant le président, le ministère des Terres et des Ressources naturelles ainsi que la Commission des mines, les travailleurs espèrent obtenir une médiation constructive. Ils réaffirment leur respect pour l'application des lois minières, tout en plaidant pour une solution qui préserve à la fois l'autorité de l'État et la survie économique des communautés locales.