Plus de 1 500 élèves ont participé au sommet « Biology of the Girl Child » organisé à Berekum, dans la région du Bono, pour renforcer leurs connaissances en santé reproductive et en développement personnel. Cette initiative, portée par le réseau GIMAT, vise à combler les lacunes éducatives persistantes qui exposent les adolescentes à des risques sanitaires majeurs, notamment dans un contexte où les chiffres des interruptions de grossesse chez les mineures restent préoccupants.
Un impératif de santé publique face aux risques
L'urgence de cette sensibilisation est soulignée par les données locales : entre 2021 et 2024, la région du Bono a enregistré 1 188 cas d'avortement chez des jeunes filles âgées de 15 à 19 ans. Le Dr Angel Abena Tiwaa Acheampong, médecin à l'hôpital Holy Family de Berekum, alerte sur les dangers des méthodes d'interruption clandestines. Elle insiste sur la nécessité d'une éducation rigoureuse sur l'abstinence et la prise en charge médicale, rappelant que de nombreuses patientes arrivent aux urgences avec des complications graves après avoir tenté des procédures dangereuses par elles-mêmes.
Combler le déficit d'information biologique
Au-delà de la prévention des grossesses, le sommet a abordé des thématiques essentielles telles que le cycle menstruel, l'ovulation, le dépistage du cancer du col de l'utérus et la gestion des infections courantes. Fortune Morkporkpor Adalevo, coordinatrice internationale du réseau GIMAT, déplore que malgré l'accès à l'éducation moderne, une forme de naïveté persiste chez les jeunes filles concernant leur propre corps. L'objectif est de leur fournir des outils décisionnels concrets pour mieux appréhender leur santé et leur avenir.
Vers une responsabilité collective
L'initiative met en lumière la nécessité d'une synergie entre les parents, les établissements scolaires et les entreprises pour accompagner le développement des jeunes filles. En plus des volets médicaux, les ateliers ont intégré des modules sur le savoir-être et la confiance en soi, des compétences jugées essentielles par les participantes pour naviguer dans différents environnements sociaux. Le réseau GIMAT prévoit désormais d'étendre ce programme à d'autres régions du Ghana, tout en appelant les institutions privées à soutenir ces efforts de prévention à long terme.