Peter Obi, candidat du Nigeria Democratic Congress (NDC) à la présidence, a lancé un défi sans précédent aux Nigérians : qu'ils rendent publiques les fautes qu'il aurait commises. Cette provocation intervient alors que les regards se tournent déjà vers le scrutin présidentiel de 2027.
Un défi à la transparence lancé depuis Port Harcourt
Devant un auditoire de militants réunis lors d'une rencontre électorale nommée « Obi Talks Nigeria » à Port Harcourt, dans l'État de Rivers, l'ancien gouverneur de l'État d'Anambra a invité les citoyens à examiner son passé sans retenue. « Je veux donner à chaque Nigérian la possibilité de savoir qui je suis », a-t-il martelé. Obi a précisé avoir mis à disposition du public l'ensemble de ses antécédents personnels, aux côtés de ceux de son colistier Rabiu Kwankwaso : dates de naissance, parcours scolaire et académique, consultables et vérifiables « partout dans le monde ».
La guerre des mots avec l'ancien porte-parole
Ce défi public s'inscrit dans un contexte de confrontation directe avec Kenneth Okonkwo, qui fut son porte-parole durant la campagne présidentielle de 2023. Obi a révélé avoir intenté une action en justice contre son ancien collaborateur, qu'il accuse de diffamation. Kenneth Okonkwo avait déclaré détenir des informations concernant le passé d'Obi qui, une fois révélées, provoqueraient un « choc » auprès des Nigérians. Le candidat NDC lui a répondu sans détour : « Je veux que vous disiez ce qui va choquer les gens. » Il a étendu ce défi à l'ensemble du pays et au-delà, incluant son colistier Kwankwaso dans la même exigence de transparence.
La crédibilité du processus politique en question
Au-delà de l'affaire personnelle, Peter Obi a tenu un discours plus large sur la gouvernance future du Nigeria. Selon lui, quiconque aspire à occuper laplus haute fonction du pays doit démontrer un parcours irréprochable. « Vous ne pouvez pas continuer à porter le titre d'Excellence si le processus qui vous y a conduit n'est pas excellent », a-t-il déclaré, kritiquant implicitement les voies d'accès au pouvoir qu'il juge opaques. Cette mise au point survient alors que les formations politiques nigérianes préparent activement le terrain pour l'échéance électorale de 2027.