Le débat sur la politique énergétique nigériane s'intensifie à l'approche de l'échéance électorale de 2027. Peter Obi, ancien candidat à la présidence, s'est ouvertement opposé à la proposition d'Atiku Abubakar de rétablir les subventions sur le carburant, tout en critiquant sévèrement l'usage actuel des fonds issus de leur suppression.
Divergence stratégique sur la politique des prix
Lors de la conférence du Barreau nigérian à Port Harcourt, Peter Obi a réaffirmé son soutien au principe de la suppression des subventions, une mesure initialement actée par le président Bola Tinubu en mai 2023. Cette position marque une rupture nette avec Atiku Abubakar, qui, bien qu'ayant soutenu cette réforme lors de la campagne de 2023, envisage désormais un retour en arrière s'il accède au pouvoir en 2027. Pour Obi, le problème ne réside pas dans la suppression elle-même, mais dans l'absence d'une stratégie d'accompagnement efficace pour les citoyens.
La critique de la gestion des ressources publiques
Au-delà du désaccord sur le rétablissement des subventions, Peter Obi a formulé des accusations directes contre le gouvernement actuel concernant l'utilisation des économies générées par cette réforme. Selon lui, les ressources récupérées ne sont pas réinvesties dans des secteurs productifs capables de soutenir l'économie réelle. Il a dénoncé une gestion défaillante, affirmant que ces fonds sont actuellement « mal gérés et volés », privant ainsi la population des bénéfices escomptés de cette transition budgétaire.
L'exigence d'une approche structurée
Peter Obi plaide pour une alternative plus rigoureuse, arguant qu'une telle réforme aurait dû être accompagnée de mesures concrètes pour amortir le choc du coût de la vie. Il rappelle que son propre programme électoral prévoyait une suppression organisée et graduelle, couplée à un investissement ciblé des ressources récupérées. Cette prise de position souligne les tensions persistantes au sein de la classe politique nigériane sur la manière de concilier assainissement des finances publiques et protection du pouvoir d'achat des citoyens face à la hausse des prix du pétrole.