L'ancien gouverneur de l'État d'Anambra, Peter Obi, a formellement démenti les allégations de l'administration actuelle concernant une dette héritée de 123,7 millions de dollars. Au cœur de ce différend financier, l'opposant politique défend la rigueur de son bilan entre 2006 et 2014, affirmant avoir laissé des finances excédentaires plutôt que des passifs.
La nature des financements multilatéraux
Peter Obi conteste la qualification de « prêts » attribuée par le gouvernement de Charles Soludo à huit facilités financières contractées durant son mandat. Selon lui, il s'agissait de soutiens au développement concessionnels, négociés par le gouvernement fédéral nigérian avec la Banque mondiale. Ces fonds, destinés à des projets spécifiques, étaient assortis de conditions de remboursement très avantageuses sur 25 à 35 ans. L'ancien gouverneur souligne que ces engagements n'ont pas été contractés par son administration auprès d'institutions bancaires commerciales, mais qu'ils relevaient d'une stratégie nationale de financement.
Un bilan financier revendiqué comme excédentaire
Au-delà de la question des prêts, Peter Obi affirme avoir laissé plus de 150 millions de dollars dans les caisses de l'État lors de son départ en 2014. Il soutient que ces économies, placées dans divers fonds, généraient un revenu annuel d'environ 10 millions de dollars. Pour l'ancien dirigeant, ces ressources auraient largement suffi à couvrir les éventuels engagements financiers de l'État. Il va jusqu'à estimer que, si ces fonds avaient été conservés et fructifiés, leur valeur actuelle pourrait atteindre 335 millions de dollars.
Absence d'arriérés de paiement
Sur le plan social, Peter Obi rejette catégoriquement les accusations selon lesquelles il aurait laissé des impayés de salaires, de pensions ou de gratifications. Il assure que tous les entrepreneurs ayant achevé leurs travaux avaient été intégralement réglés avant la fin de son mandat. Concernant les employés de la Société des eaux d'Anambra, souvent cités comme exemple d'arriérés, il précise que cette entité ne figurait pas sur la liste des paiements directs de l'État, étant une agence autonome.
Appel à la transparence documentaire
Pour clore la polémique, Peter Obi a rendu publics les éléments de son carnet de passation de pouvoir, incluant les relevés bancaires et les détails des investissements réalisés à l'époque. Il invite les autorités actuelles et les médias à vérifier ces données auprès de la Banque mondiale et des institutions financières concernées. Cette confrontation chiffrée met en lumière un débat plus large sur la gestion des finances publiques locales au Nigeria et la responsabilité des anciens dirigeants dans la situation budgétaire actuelle des États.