Le candidat à l'élection présidentielle nigériane de 2027, Peter Obi, a clarifié sa vision économique en affirmant qu'il maintiendrait la politique de change flottant instaurée par l'administration Tinubu. Cette position, exprimée lors d'un entretien télévisé, souligne une volonté de poursuivre la réforme monétaire tout en y adjoignant une stratégie axée sur le renforcement de la production intérieure pour soutenir la valeur de la monnaie nationale.
La priorité à la productivité nationale
Pour Peter Obi, le flottement du naira n'est pas une erreur en soi, mais une mesure qui nécessite un socle économique solide pour être efficace. L'ancien gouverneur de l'État d'Anambra soutient que la dévaluation de la monnaie ne peut porter ses fruits que si elle est couplée à une augmentation significative de la production locale. Son programme prévoit ainsi de concentrer les investissements sur les secteurs de l'agriculture et de l'industrie manufacturière afin de rendre les exportations nigérianes plus compétitives et de réduire la pression sur le marché des changes.
Une réforme monétaire sous débat
Depuis son introduction par la Banque centrale du Nigeria en 2023, la fin du régime de taux de change multiples au profit d'un système déterminé par les forces du marché a suscité des réactions contrastées. Si les partisans de cette réforme saluent une transparence accrue et l'élimination des distorsions sur le marché des devises, les critiques pointent du doigt une dépréciation rapide du naira, responsable d'une inflation galopante et d'une hausse du coût de la vie pour les citoyens. M. Obi, tout en validant le principe du flottement, insiste sur la nécessité d'une mise en œuvre plus organisée.
Appel à une élection hors des clivages ethniques
Au-delà des enjeux économiques, Peter Obi a profité de cette intervention pour mettre en garde contre une polarisation ethnique du scrutin de 2027. Alors que les manœuvres politiques s'intensifient, il a plaidé pour que le débat électoral se concentre sur la compétence, la réforme des institutions et la résolution des problèmes structurels du pays, tels que la sécurité, la justice et l'accès aux services sociaux de base. Cette posture intervient dans un contexte de discussions sur d'éventuelles coalitions au sein de l'opposition, visant à proposer une alternative crédible pour la gouvernance future du Nigeria.