Depuis plusieurs semaines, les supermarchés tunisiens peinent à assurer l'approvisionnement en eau minérale, une situation aggravée par la canicule et des coupures d'électricité qui ralentissent la production industrielle. La méfiance croissante des consommateurs envers l'eau du robinet a entraîné une hausse record de la consommation d'eau en bouteille, accentuant la crise.
Une demande record alimentée par la canicule
Les températures estivales exceptionnellement élevées ont poussé les Tunisiens à privilégier l'eau embouteillée, perçue comme plus sûre que l'eau du réseau. Cette hausse de la consommation, décrite comme « record » par les acteurs du secteur, a rapidement dépassé la capacité des fournisseurs à répondre à la demande, créant des ruptures de stock dans les points de vente.
Coupures d'électricité et impact sur la production industrielle
Parallèlement, le pays subit des coupures d'électricité récurrentes qui affectent les usines d'embouteillage. L'absence d'énergie fiable ralentit les lignes de production, réduisant le volume d'eau mise en bouteille chaque jour. Cette contrainte technique vient s'ajouter à la pression exercée par la demande accrue, accentuant la pénurie dans les rayons.
Réponses des autorités et discours présidentiel
Pour atténuer la situation, les autorités locales ont déployé des camions-citernes afin de fournir de l'eau potable dans les zones les plus touchées. Le président Kaïs Saïed, lors d'une allocution, a évoqué la possibilité d'actes de sabotage contre les installations d'eau, bien que aucune preuve concrète n'ait été présentée à ce jour. Cette prise de parole vise à rassurer la population tout en appelant à la vigilance.
Conséquences pour les consommateurs et le secteur de la distribution
Les ruptures d'approvisionnement obligent les consommateurs à parcourir plusieurs points de vente ou à payer des prix plus élevés pour l'eau en bouteille. Les distributeurs, quant à eux, doivent gérer des stocks limités et réorganiser leurs chaînes logistiques, ce qui pourrait entraîner des pertes de chiffre d'affaires et des tensions avec les fournisseurs. À moyen terme, la crise pourrait inciter les autorités à renforcer les infrastructures d'approvisionnement en eau potable et à diversifier les sources d'énergie pour les usines d'embouteillage.