Le Dr Foreman Mabala, urgentiste et coordonnateur général du Carrefour international d’anesthésie, de réanimation et des urgences (CIARU), a souligné le déficit criant de spécialistes en médecine d’urgence en République démocratique du Congo, le 24 août, lors d’une interview accordée à Radio Okapi. Il a rappelé que cette carence compromet la prise en charge des patients critiques et la réponse aux crises sanitaires comme Ebola.
Pénurie de spécialistes en médecine d’urgence dans le pays
Selon le Dr Mabala, la capacité du système de santé à intervenir rapidement lors d’accidents graves ou d’épidémies repose sur la disponibilité de médecins formés aux urgences. En l’absence d’un nombre suffisant de ces professionnels, les patients en situation critique subissent des retards de traitement, ce qui augmente la mortalité et la morbidité. Le constat a été mis en avant lors de la 5ᵉ édition du CIARU, qui s’est tenue du 17 au 20 août à Lubumbashi, dans le Haut‑Katanga.
Le CIARU 2024 : appel à renforcer la formation
Au cours de ces assises scientifiques, le Dr Mabala a plaidé pour un renforcement urgent des programmes de formation en médecine d’urgence. Il estime que la création de cursus spécialisés, ainsi que le déploiement de formations continues pour les praticiens déjà en poste, sont indispensables pour combler le vide actuel. Une meilleure organisation de la prise en charge, notamment la mise en place de protocoles standardisés, figure également parmi les priorités évoquées.
Vers des réformes structurelles du système d’urgence
Au-delà de la formation, le coordonnateur du CIARU a appelé à des réformes structurelles visant à améliorer la réponse médicale d’urgence à l’échelle nationale. Il s’agit notamment de renforcer les infrastructures hospitalières, d’assurer la disponibilité des équipements de réanimation et de créer des réseaux de coordination entre les régions. Ces mesures, selon lui, sont essentielles pour garantir une prise en charge efficace lors de futures crises sanitaires, comme l’épidémie d’Ebola qui a récemment frappé le pays.