Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a formellement réfuté toute responsabilité du Maroc dans les récents mouvements migratoires survenus à Sebta fin juillet. Face aux critiques de l'opposition, il a qualifié la gestion des autorités marocaines d'intelligente et a dénoncé une tentative d'instrumentalisation politique de la crise à des fins électorales.
Une coopération sécuritaire réaffirmée
Dans une intervention télévisée, Pedro Sánchez a tenu à clarifier la position de Madrid en soulignant l'absence d'éléments concrets liant Rabat aux flux migratoires observés. Loin de pointer une passivité marocaine, le Premier ministre a salué une mobilisation accrue des autorités du royaume, affirmant qu'elles ont agi pour limiter les risques humains dans un contexte où l'ampleur des arrivées rendait la gestion complexe des deux côtés de la frontière. Il a plaidé pour un renforcement durable de la coopération bilatérale et européenne pour mieux sécuriser la zone.
La gestion des retours et le cadre légal
Le chef du gouvernement a précisé les modalités de traitement des migrants présents sur le territoire. Il a notamment souligné que 200 ressortissants marocains retournent quotidiennement dans leur pays de leur propre initiative, faute de perspectives économiques. Concernant les procédures administratives, l'exécutif espagnol s'est fixé pour objectif d'ici la fin de l'année de finaliser les dossiers d'expulsion, tout en garantissant le maintien sur le sol espagnol des seules personnes éligibles au droit d'asile.
Dénonciation d'une instrumentalisation politique
Pedro Sánchez a fermement rejeté les accusations de « chantage » portées par plusieurs figures de l'opposition, notamment le Parti populaire (PP) et le parti Vox. Il a balayé les spéculations basées sur des échanges de messages privés, affirmant que les rapports de renseignement officiels ne corroborent pas les thèses d'une déstabilisation orchestrée. Selon lui, ces critiques visent principalement à fragiliser son gouvernement en vue des prochaines échéances électorales, en exploitant la situation à Sebta pour des intérêts partisans plutôt que pour une résolution pragmatique des enjeux migratoires.