Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a publiquement soutenu la gestion marocaine lors des récentes tentatives de franchissement massif des frontières à Ceuta les 30 et 31 juillet. Face aux critiques de l'opposition, le chef du gouvernement espagnol privilégie la voie diplomatique et réfute toute thèse de chantage exercé par Rabat, tout en fixant un calendrier strict pour la régularisation de la situation dans l'enclave.
Une coopération sécuritaire jugée active
Interrogé sur la réponse des autorités marocaines, Pedro Sánchez a souligné une montée en puissance de leur mobilisation après les premières heures de tension. Selon lui, le Maroc a cherché à encadrer les flux migratoires de manière à limiter les risques pour les personnes impliquées. Le Premier ministre a précisé qu'aucune preuve tangible ne permet actuellement d'imputer une responsabilité directe aux autorités marocaines dans ces événements, promettant toutefois une réaction ferme si de telles informations venaient à être confirmées.
Objectif de retour et gestion des flux
Pour stabiliser la situation à Ceuta, le gouvernement espagnol mise sur une politique de retours volontaires et forcés. Pedro Sánchez a noté que près de 200 ressortissants marocains regagnent leur pays quotidiennement, faute de perspectives économiques sur place. L'exécutif espagnol s'est fixé pour objectif d'exécuter l'ensemble des ordres d'expulsion en cours d'ici la fin de l'année. Cette mesure vise à clarifier le statut des personnes présentes dans l'enclave, en réservant l'accueil aux seuls individus éligibles au droit d'asile.
Tensions politiques internes en Espagne
La gestion de cette crise migratoire cristallise les oppositions au sein de la classe politique espagnole. Pedro Sánchez a vivement critiqué Juan Jesús Vivas, président du gouvernement de Ceuta, l'accusant d'un manque de coopération par rapport à la crise de 2021. Le Premier ministre espagnol estime que le Parti populaire et Vox instrumentalisent la situation sécuritaire à Ceuta pour fragiliser son administration, plutôt que de chercher une résolution concertée aux enjeux migratoires transfrontaliers.