Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a profité de son intervention à l'Assemblée générale des Nations unies pour exiger une évolution majeure dans la gouvernance de l'organisation. Il plaide pour que la succession d'António Guterres, dont le mandat s'achève en décembre, soit l'occasion de nommer une femme issue d'Amérique latine à la tête de l'institution.
Une exigence de représentativité historique
Pour le chef du gouvernement espagnol, l'absence de femmes à la direction de l'ONU depuis sa création constitue une anomalie majeure. Il a interrogé la légitimité d'une organisation qui prétend représenter l'humanité tout entière tout en excluant les femmes de sa plus haute fonction. Par ailleurs, il a rappelé que l'Amérique latine, troisième continent le plus peuplé, n'a pas occupé ce poste depuis trois décennies. Cette revendication s'inscrit dans une volonté de respecter une tradition d'alternance géographique, souvent mise à mal, tout en répondant à un impératif de justice sociale dans un contexte où les droits des femmes font l'objet de vives contestations à travers le monde.
La défense du multilatéralisme face au repli
Au-delà de la question du genre, Pedro Sanchez a profité de cette tribune pour dénoncer les attaques croissantes contre les institutions internationales. Sans nommer directement certains dirigeants, il a critiqué ceux qui remettent en cause les règles établies, réduisent leurs contributions financières aux organisations multilatérales et cherchent à discréditer ces structures pour justifier leur propre désengagement. Pour le dirigeant espagnol, cette stratégie vise à affaiblir la capacité d'action collective et à favoriser un retour à la loi du plus fort.
Renforcer la primauté du droit international
Face à ce qu'il qualifie de recul démocratique, Pedro Sanchez a appelé à un renforcement des instances judiciaires internationales, citant notamment la Cour pénale internationale. Il soutient que ces institutions doivent disposer des moyens nécessaires pour enquêter et sanctionner les violations des règles internationales. Selon lui, la préservation de l'ordre mondial repose sur la capacité de la génération actuelle à maintenir la primauté du droit, héritage de siècles de progrès diplomatique, plutôt que de céder à la tentation du repli nationaliste.