Pauvreté des agriculteurs nigérians : quand faible productivité et chaînes d'approvisionnement défaillantes creusent l'écart avec l'Inde

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 25 lectures
Pauvreté des agriculteurs nigérians : quand faible productivité et chaînes d'approvisionnement défaillantes creusent l'écart avec l'Inde

Les experts nigérians alertent sur un cercle vicieux : des rendements agricoles en berne, des marchés fragmentés et des financements insuffisants maintiennent les petits producteurs dans la pauvreté, malgré le potentiel du pays.

Des rendements en dessous de ceux de l'Inde, un handicap structurel

Selon le directeur pays de l'association Sasakawa Africa au Nigeria, Dr. Godwin Atser, la productivité agricole nigériane reste bien inférieure à celle de l'Inde, quel que soit le type de culture (riz, blé, maïs). Résultat : un agriculteur nigérian gagne en moyenne 480 à 490 dollars par an, contre 2 000 dollars pour son homologue indien. Cette disparité s'explique par des rendements moindres, mais aussi par l'absence de mécanismes permettant aux producteurs locaux de rivaliser sur les marchés.

Climat et dégradation des sols : des défis qui s'aggravent

Les experts soulignent que le changement climatique aggrave la situation, avec des températures en hausse, des inondations, des sécheresses, des ravageurs émergents et une dégradation des sols. Ces phénomènes réduisent les gains obtenus grâce aux efforts d'amélioration agricole. Face à ce constat, Sasakawa Africa a recentré ses actions sur l'agriculture régénérative, une approche combinant fertilité des sols, conservation des terres, orientation marché, nutrition et services numériques.

Des pertes post-récolte qui placent les petits producteurs en position de faiblesse

Le responsable des financements agricoles à Sterling Bank, Dr. Olushola Obikanye, révèle que les structures de marché fragmentées entraînent des pertes colossales pour les petits exploitants : entre 50 % et 60 % de leurs récoltes sont perdues faute d'accès aux bons débouchés. Ce gaspillage s'ajoute aux difficultés d'accès au crédit, lui-même limité par l'absence de données fiables et de résultats mesurables. Pour Obikanye, les financements agricoles doivent s'aligner sur des cycles biologiques plutôt que sur les calendriers de récolte traditionnels, avec des périodes de grâce adaptées et des structures de soutien renforcées.

Vers une agriculture régénérative, mais à quel prix ?

Malgré des résultats encourageants – comme une hausse de plus de 200 % des rendements de riz à Kano grâce à l'agriculture régénérative –, les experts insistent sur la nécessité d'un écosystème complet. Celui-ci inclurait des semences améliorées, des systèmes d'irrigation, une meilleure organisation des producteurs, des marchés stables, des financements adaptés, des services de conseil et des intrants efficaces. Sans ces leviers, le Nigeria risque de rester à la traîne, malgré son potentiel agricole.

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