Lors du premier Sommet international sur l'espace à Paris, le président rwandais Paul Kagame a plaidé pour une implication accrue du continent africain dans la gouvernance mondiale du secteur spatial. Il a mis en garde contre le risque de voir l'Afrique reléguée au simple rang de consommateur de services satellitaires, soulignant l'urgence de sécuriser les ressources orbitales et les fréquences radioélectriques.
Un enjeu de souveraineté et d'accès aux ressources
La compétition pour l'accès aux orbites terrestres et aux spectres de fréquences s'intensifie avec la multiplication des constellations de satellites. Pour Paul Kagame, l'Afrique doit impérativement coordonner ses intérêts pour ne pas être évincée par les puissances établies. Il a cité en exemple le travail de l'Union africaine des télécommunications, qui a permis de récupérer des positions orbitales stratégiques, illustrant la capacité du continent à protéger ses intérêts lorsqu'il agit de manière unifiée.
Dépasser le statut de simple utilisateur
Le Rwanda, qui a créé son agence spatiale en 2020 et rejoint les Accords Artemis, illustre une volonté de bâtir des capacités locales. Le pays utilise déjà l'intelligence artificielle et les données satellitaires pour optimiser l'agriculture, la gestion des infrastructures et la réponse aux catastrophes naturelles. Le chef de l'État rwandais insiste sur le fait que le développement de l'expertise locale, soutenu par des partenariats technologiques, est la clé pour transformer le potentiel de la jeunesse africaine en valeur économique réelle.
Vers des règles internationales inclusives
Le président Kagame a appelé à une révision des restrictions à l'exportation technologique qui freinent actuellement le transfert de connaissances vers le continent. Il prône un processus de régulation internationale qui intègre les priorités des pays en développement, tant pour les usages civils que sécuritaires. L'objectif est clair : éviter que les inégalités observées dans d'autres secteurs économiques ne se reproduisent dans l'espace.
Une coopération basée sur le transfert de compétences
Alors que l'Europe cherche elle-même à renforcer son autonomie stratégique, le Rwanda propose un modèle de partenariat fondé sur le co-développement. En collaborant avec des entreprises privées et des organisations internationales, le continent ambitionne de passer du statut de client à celui de contributeur à la recherche scientifique et à la prise de décision mondiale. Cette stratégie vise à garantir que l'Afrique ne soit pas dépendante de technologies et de données contrôlées exclusivement par des acteurs extérieurs.