Un député camerounais relance le débat sur la gouvernance en exhortant le président Paul Biya à quitter le pouvoir, s’inspirant de l’exemple de son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. Cette demande intervient alors que le chef de l’État, au pouvoir depuis 44 ans, vient de remporter un huitième mandat et pourrait rester en fonction jusqu’en 2032.
Un appel à la démission inspiré par l’histoire politique camerounaise
Jean Michel Nintcheu, député du Wouri, a publiquement appelé Paul Biya à démissionner, en référence à Ahmadou Ahidjo, premier président du Cameroun indépendant. Ce dernier avait quitté volontairement le pouvoir en 1982 après 22 ans de règne, laissant la place à son Premier ministre de l’époque, Paul Biya. Pour le député, cette transition volontaire devrait servir de modèle à l’actuel président, alors que ce dernier, âgé de 89 ans, vient d’être réélu pour un mandat supplémentaire.
Un mandat de plus de 40 ans et des questions sur la gouvernance
Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, a récemment remporté un huitième mandat, ce qui pourrait lui permettre de diriger le Cameroun jusqu’en 2032. S’il achève ce mandat, il aura cumulé plus de 50 ans à la tête du pays. Cette longévité exceptionnelle alimente les débats sur sa capacité à exercer pleinement ses fonctions, notamment après son retour au Cameroun au terme de 74 jours passés à l’étranger. Ces absences prolongées ont déjà suscité des interrogations sur son état de santé et sa présence effective à la tête de l’État.
Une stratégie politique pour relancer le débat constitutionnel
La sortie de Jean Michel Nintcheu s’inscrit dans une démarche plus large visant à interpeller les institutions camerounaises. Le député avait précédemment demandé au Parlement de saisir le Conseil constitutionnel pour examiner une éventuelle vacance à la présidence de la République. Cette initiative reflète les tensions persistantes autour de la gouvernance et de la légitimité du pouvoir en place, alors que le pays fait face à des défis socio-économiques et sécuritaires majeurs.