Alors que la France s’apprête à voter dans moins d’un an, la traditionnelle Rencontre des entrepreneurs français (REF 2026) du Medef s’ouvre ce mercredi dans un climat de morosité inédite. Entre trésoreries exsangues et incertitudes politiques persistantes, les patrons des TPE-PME, piliers de l’économie réelle, tirent la sonnette d’alarme.
Une rencontre sous haute tension politique
Organisée chaque année par le Medef, la REF 2026 se tient à moins de douze mois de l’élection présidentielle française. Un calendrier qui ajoute une dimension politique à l’événement : plusieurs candidats ont annoncé leur présence, faisant de cette édition un espace de dialogue autant que de pression pour les entrepreneurs. Face à eux, des dirigeants dont le moral est au plus bas, miné par une succession de crises économiques et une instabilité politique qui ne faiblit pas.
Des trésoreries à sec pour 95 % des TPE-PME
Selon les dernières données disponibles, la première préoccupation des patrons reste la préservation de leur trésorerie, mise à mal par des années de chocs économiques. Dominique Restino, président de la CCI Île-de-France, résume l’ampleur du phénomène : « 95 % des TPE/PME sont concernées, alors que ces structures forment l’économie réelle de proximité. Mais là, les trésoreries sont un peu à sec. » Des secteurs aussi variés que la construction, le bâtiment, le transport ou le commerce sont touchés, illustrant l’ampleur de la crise.
Un moral en chute libre, pire que pendant le Covid
Les indicateurs de confiance des dirigeants sont au plus bas, selon les observateurs. « Depuis quelques mois, le moral des dirigeants commence à baisser de plus en plus, et on a retrouvé le niveau le plus faible depuis la crise du Covid », confie un entrepreneur. Entre l’incertitude géopolitique, les tensions économiques et le « foutoir politique » ambiant, les patrons peinent à anticiper l’avenir. La thématique choisie pour cette édition – « le courage » – résonne comme un appel à la résilience dans un contexte où les défaillances d’entreprises se multiplient.
L’ombre des défaillances en cascade
Cette morosité n’est pas sans conséquences : la France enregistre déjà une vague de défaillances d’entreprises, symptôme d’un écosystème sous pression. Pour les TPE-PME, dont la survie dépend souvent de leur capacité à absorber les chocs, la situation devient critique. Sans visibilité sur les politiques économiques à venir – notamment après l’élection présidentielle – les dirigeants redoutent une aggravation de la crise, avec des répercussions sur l’emploi et la croissance.