L'ancien ministre de l'Urbanisme, Abdou Karim Fofana, a exprimé ses vives réserves sur le déroulement de son audition devant la commission d'enquête parlementaire dédiée au patrimoine bâti de l'État. Si l'ancien responsable gouvernemental réaffirme son attachement au principe de reddition des comptes, il pointe du doigt des méthodes d'interrogatoire qu'il juge contraires à la sérénité nécessaire à l'exercice de la vérité.
Des conditions d'audition jugées restrictives
Au cœur des critiques formulées par l'ancien ministre figure la gestion du temps de parole et la conduite des échanges. Abdou Karim Fofana déplore des interruptions répétées qui, selon lui, ont entravé sa capacité à fournir des explications contextuelles sur les dossiers examinés. Il soutient que la recherche de la transparence exige une écoute attentive, permettant aux personnes auditionnées d'exposer leurs arguments sans subir de pressions visant à orienter leurs réponses vers des conclusions préétablies.
Le spectre d'une instrumentalisation politique
Au-delà de la forme, l'ancien ministre s'interroge sur le fond de la démarche parlementaire. Il a qualifié l'atmosphère de son audition de « cour d'inquisition », estimant que les députés cherchaient moins à établir une contradiction factuelle qu'à obtenir des déclarations servant un agenda politique spécifique. Ce sentiment de confrontation, plutôt que de collaboration institutionnelle, souligne les tensions persistantes autour de ce dossier sensible portant sur la gestion des biens publics.
L'équilibre entre contrôle parlementaire et respect des procédures
Malgré ses griefs, Abdou Karim Fofana ne conteste pas la légitimité des commissions d'enquête, qu'il reconnaît comme des mécanismes essentiels au renforcement de la transparence. Son appel porte sur une évolution des pratiques : il plaide pour que la mission de contrôle de l'Assemblée nationale s'exerce dans le respect des agents de l'administration et des citoyens. Cette prise de position met en lumière l'enjeu de la régulation des travaux parlementaires, où la quête de responsabilité publique doit, selon lui, s'articuler avec une rigueur procédurale irréprochable.