Pastef : les départs en cascade fragilisent le parti au pouvoir

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 33 lectures
Pastef : les départs en cascade fragilisent le parti au pouvoir

Le parti au pouvoir au Sénégal, Pastef-Les Patriotes, traverse une période de turbulences internes sans précédent. Depuis plusieurs mois, une série de départs de cadres et de responsables, souvent expérimentés, ébranle les fondations de la formation politique dirigée par Ousmane Sonko. Ces défections, bien que silencieuses, révèlent des fractures profondes au sein de l’appareil, remettant en cause la cohésion d’un mouvement qui a porté au pouvoir le président Bassirou Diomaye Faye.

Une érosion silencieuse aux multiples visages

Les départs se multiplient depuis le début de l’année 2026, touchant des figures emblématiques du parti. À Birkelane, le récent départ de Gade Kounta, coordonnateur national du Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC) et membre influent du Mouvement national des cadres patriotes (MONCAP), a provoqué une onde de choc. Selon le texte source, l’appareil communicationnel du parti a réagi en bannissant l’ancien cadre de ses plateformes numériques, signe d’une tentative de contrôle de l’image publique. Pourtant, cette réaction brutale illustre davantage la fragilité de la structure que sa solidité.

Les profils des démissionnaires varient, mais les motifs évoqués révèlent un malaise partagé. À Fatick, Babacar Faye, secrétaire national chargé des opérations électorales, a quitté le parti après une décennie de militantisme, rejoignant une initiative présidentielle concurrente. À Touba, Cheikh Mbengue, ancien communicant de la Jeunesse Patriotique, a dénoncé un manque de reconnaissance envers les militants historiques. À Mbour, Makane Diop a acté son retrait avec une « lucidité douloureuse », reflétant l’usure de nombreux cadres face aux mutations internes. D’autres responsables, comme Saourou Mbodji ou Sidy Alpha Ndiaye, ont également choisi de tourner la page, certains refusant des postes jugés symboliques.

Le MONCAP et les sommets de l’État : des tensions au grand jour

La crise ne se limite pas aux sections locales. Le MONCAP, structure centrale du parti, est également secoué par des purges. Début juillet, Fifi Diakhaté, directrice de cabinet adjointe à la présidence, a été écartée de ses fonctions de coordonnatrice après avoir critiqué certains aspects de la gestion du parti. Son départ, bien que moins médiatisé, symbolise les tensions croissantes au sommet de la hiérarchie.

Le cas du ministre Moussa Bala Fofana a cristallisé les débats. En affirmant qu’« un patriote peut démissionner d’un parti, mais jamais de la patrie », il a ouvert une brèche dans la discipline partisane, offrant une nouvelle forme de dissidence, moins contrainte par les allégeances traditionnelles. Ces départs en cascade interrogent sur la stratégie du président Bassirou Diomaye Faye, dont certains observateurs analysent les actions comme une reconfiguration tactique visant à affaiblir l’influence d’Ousmane Sonko au sein du parti.

Face à cette hémorragie, le Comité exécutif de Pastef tente de maintenir une façade d’unité en multipliant les communiqués appelant les démissionnaires à respecter les procédures. Pourtant, la réalité du terrain dessine une trajectoire bien différente, où les fractures entre les partisans du président et les fidèles de la ligne historique d’Ousmane Sonko deviennent quasi impossibles à masquer. Cette crise interne, bien que moins visible que les grands débats politiques, pourrait avoir des répercussions durables sur l’avenir du parti et, par extension, sur la gouvernance du pays.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.