Depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République du Sénégal, le parti Pastef, dirigé par Ousmane Sonko, découvre les contraintes administratives qu’il critiquait autrefois lorsqu’il était dans l’opposition. En l’espace de quelques jours, deux initiatives locales du parti ont été bloquées par les autorités préfectorales, illustrant une application des règles qui semble désormais moins flexible pour le mouvement politique.
Interdictions à Mbour et Tivaouane
À Mbour, les militants de Pastef avaient prévu d’organiser une opération de vente de cartes de membre sur le marché central, un moyen traditionnel pour le parti d’étendre son réseau d’adhérents. Cependant, le préfet du département, Mamadou Diop, a interdit cette initiative au motif d’un risque de trouble à l’ordre public. Les responsables du parti ont dû adapter leur stratégie en privilégiant le porte-à-porte pour poursuivre leur campagne d’adhésion, déjà en cours depuis une semaine. Selon les informations disponibles, plus de mille cartes avaient été distribuées avant l’interdiction.
Dans le département de Tivaouane, un autre scénario s’est joué. Le préfet Abou Sow a pris un arrêté interdisant un rassemblement prévu par la section communale Pastef-Les Patriotes de Mékhé. Cet événement, qui devait se tenir sur deux jours sur un terrain situé en face de l’UGPM de Ngaye, a été annulé en raison de deux motifs avancés : des menaces de troubles à l’ordre public et une insuffisance des forces de sécurité disponibles pour encadrer la manifestation.
Un tournant symbolique pour Pastef
Ces décisions préfectorales surviennent alors que Pastef, qui dénonçait sous l’ancien régime les restrictions imposées à ses activités, est désormais confronté à l’application des mêmes mécanismes administratifs. Le parti, désormais au pouvoir, se retrouve ainsi dans une position où les outils qu’il critiquait sont désormais utilisés par des autorités locales nommées sous la nouvelle administration. Cette situation soulève des questions sur la continuité des pratiques administratives au Sénégal, indépendamment du changement politique.
Les interdictions à Mbour et Tivaouane rappellent que les partis politiques, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, restent soumis aux mêmes règles locales. Elles illustrent également la complexité de la transition entre opposition et majorité, où les attentes en matière de liberté d’action peuvent rapidement se heurter aux réalités administratives.