Les plateformes françaises de partage d'abonnements, Spliiit et Sharesub, ont initié une pétition sur le site de l'Assemblée nationale pour interpeller les pouvoirs publics. Confrontées à des poursuites judiciaires de la part des géants du streaming, ces entreprises cherchent à faire reconnaître le partage de services comme un levier légitime de préservation du pouvoir d'achat des ménages.
Un bras de fer judiciaire et législatif
Le secteur du partage d'abonnements traverse une zone de turbulences juridiques. En juin 2026, la plateforme Spliiit a été condamnée à une amende de 780 000 euros, une sanction faisant suite aux plaintes d'acteurs majeurs comme Netflix, Disney et Apple. Ces derniers estiment que le modèle économique de ces start-ups, qui facilite la répartition des coûts entre utilisateurs, porte atteinte à leurs intérêts. Pour contrer cette pression, les fondateurs de Spliiit et Sharesub cherchent désormais à déplacer le débat sur le terrain législatif, arguant que les conditions générales d'utilisation imposées par les plateformes de SVOD, souvent calquées sur le droit américain, ne tiennent pas compte des réalités sociales des foyers modernes.
La quête d'un cadre réglementaire équilibré
Les deux entrepreneurs, Jonathan Lalinec et Jean-Brice De Cazenove, plaident pour une clarification des règles du jeu. Ils soulignent l'absurdité de certaines restrictions techniques, comme le blocage par adresse IP, qui pénalisent les familles recomposées ou les couples vivant séparément. En s'appuyant sur l'esprit de la loi Hamon, qui visait à simplifier le désabonnement, ils espèrent obtenir une intervention parlementaire pour encadrer les pratiques des géants du numérique. La pétition, lancée mi-octobre, a déjà recueilli plus de 7 000 signatures, avec pour objectif d'atteindre les 100 000 soutiens nécessaires pour une mise en avant officielle, voire 500 000 pour une proposition en séance.
Une alternative revendiquée face au piratage
Au-delà de la dimension juridique, les dirigeants de Spliiit et Sharesub présentent leurs services comme une solution vertueuse pour l'écosystème numérique. Selon eux, le partage d'abonnements constitue une alternative concrète au piratage, tout en favorisant la fidélisation des utilisateurs. Ils citent l'exemple de Canal+, qui a intégré ces usages, comme preuve qu'une collaboration est possible. En exigeant des règles plus saines et équilibrées, les start-ups espèrent mettre fin à ce qu'elles qualifient d'hypocrisie, tout en protégeant les consommateurs contre des conditions d'utilisation qu'elles jugent arbitraires et déconnectées des usages actuels.