Le gouvernement français a officiellement condamné la décision de Moscou de placer sous administration provisoire les filiales russes de plusieurs groupes européens, dont Auchan, Nestlé et Leroy Merlin. Paris exige désormais le retrait de cette mesure, qualifiée d'injustifiée, alors que le Kremlin justifie ce passage sous contrôle étatique par les sanctions liées au conflit en Ukraine.
Une saisie d'actifs sans justification
Par le biais d'un communiqué conjoint des ministères de l'Économie et des Affaires étrangères, la France a exprimé sa vive opposition à la mise sous tutelle forcée des intérêts économiques français sur le sol russe. Cette décision, actée par un décret signé le 17 septembre par Vladimir Poutine, transfère la gestion des actifs de ces multinationales vers une entité unique contrôlée par l'État russe. Paris maintient un contact étroit avec les entreprises impactées pour évaluer les conséquences de cette rupture brutale de la gestion privée.
La rhétorique des pays inamicaux
Le Kremlin a justifié cette manœuvre par le statut de « pays inamicaux » attribué aux nations occidentales. Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, a explicitement lié cette saisie à l'implication active de ces États dans le soutien à l'Ukraine face à l'invasion russe. Pour Moscou, cette administration provisoire est présentée comme une réponse directe aux actions militaires et diplomatiques menées par les pays européens et les États-Unis contre la Russie.
Un climat d'incertitude pour les entreprises occidentales
Cet événement marque une nouvelle étape dans la dégradation des relations économiques entre la Russie et les entreprises occidentales. Depuis le début du conflit, le paysage industriel russe a été profondément bouleversé, forçant de nombreux groupes internationaux à quitter le marché ou à céder leurs activités à des acteurs locaux. Cette nouvelle vague de prises de contrôle renforce l'instabilité juridique pour les investisseurs étrangers encore présents, illustrant la transformation des actifs économiques en leviers de pression diplomatique dans le cadre de la guerre en Ukraine.