Paris et Berlin envisagent d'intégrer le Royaume-Uni au dispositif Made in Europe sous conditions commerciales

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 3 lectures
Paris et Berlin envisagent d'intégrer le Royaume-Uni au dispositif Made in Europe sous conditions commerciales

La France et l'Allemagne travaillent sur un projet de compromis stratégique visant à redéfinir les contours de l'industrie automobile européenne. Ce rapprochement prévoit d'intégrer les constructeurs britanniques au dispositif « Made in Europe », leur ouvrant ainsi l'accès aux subventions et marchés publics réservés aux entreprises du continent, en échange d'un alignement de Londres sur les mesures protectionnistes de l'UE face aux véhicules électriques chinois.

Un alignement douanier comme condition d'accès

Pour bénéficier de ce statut privilégié, le Royaume-Uni devrait relever ses droits de douane sur les voitures électriques importées de Chine. Actuellement fixés à 10 %, ces tarifs devraient s'aligner sur ceux de l'Union européenne, qui peuvent atteindre jusqu'à 45 %. Cette exigence représente un défi diplomatique et économique pour Londres, qui craint des mesures de rétorsion de la part de Pékin. Si cet accord était conclu, les véhicules et composants britanniques, notamment les batteries, seraient considérés comme européens, évitant ainsi une éviction des appels d'offres publics et des aides d'État au sein du marché unique.

Vers un assouplissement des normes d'émissions pour 2035

En contrepartie de cette ouverture, l'Allemagne obtiendrait une révision des objectifs environnementaux européens pour 2035. Le projet de compromis franco-allemand propose de supprimer l'obligation de compenser les 10 % d'émissions résiduelles initialement prévus par la Commission européenne. Les constructeurs pourraient ainsi maintenir une part d'émissions sans compensation, voire viser un objectif de réduction ramené à 80 % par rapport aux niveaux de 2021. Cette flexibilité accrue offrirait une place plus importante aux motorisations thermiques et hybrides dans le parc automobile européen après 2035.

Un équilibre entre protectionnisme et pragmatisme industriel

Ce projet reflète les priorités divergentes mais complémentaires des deux premières puissances économiques de l'UE. La France cherche avant tout à sanctuariser la production locale face à la concurrence asiatique, tandis que l'Allemagne insiste sur la préservation de ses capacités technologiques actuelles et sur l'intégration du Royaume-Uni, partenaire industriel majeur dont les chaînes d'approvisionnement sont étroitement imbriquées avec celles du continent. Si les négociations progressent, le texte devra encore obtenir l'aval des autres États membres et du Parlement européen pour entrer en vigueur.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.