Le continent africain traverse une période de mutations marquées par des investissements stratégiques dans les infrastructures, des tensions diplomatiques persistantes et une volonté accrue de transformation locale des ressources. De Dakar à Ouagadougou, les États cherchent à renforcer leur souveraineté économique, tandis que les relations internationales et les conflits régionaux continuent de redessiner les équilibres politiques.
Infrastructures et souveraineté industrielle
Au Sénégal, la mise en service de la phase 2 du Train express régional (TER) marque une étape clé dans le désenclavement de la zone aéroportuaire de Dakar. Avec 19 kilomètres supplémentaires, le réseau atteint désormais 55 kilomètres, renforçant la connexion entre la capitale, sa banlieue et l'aéroport international Blaise-Diagne. Parallèlement, le Burkina Faso franchit un cap industriel majeur avec l'inauguration de la Raffinerie nationale d'or (RAFFINOR-BF) à Ouagadougou. Cet investissement de 11 milliards FCFA, porté par l'État et le secteur privé, vise à accroître la valeur ajoutée locale de la première ressource minière du pays, avec une capacité de production projetée pouvant atteindre 515 tonnes d'or par an.
Tensions diplomatiques et enjeux sécuritaires
Sur le plan diplomatique, le Soudan a vivement critiqué, à la tribune de l'ONU, le refus des États-Unis d'accorder un visa au général Abdel-Fattah al-Burhan, empêchant sa participation à l'Assemblée générale. Ce blocage illustre les divergences persistantes sur les propositions de cessez-le-feu dans le conflit soudanais. Dans le même temps, le Cap-Vert bénéficie d'un soutien accru de l'Union européenne, qui a débloqué 60 millions d'euros via la Facilité européenne pour la paix pour renforcer la surveillance et la souveraineté maritime de l'archipel.
Dynamiques politiques et économiques régionales
La scène politique est également marquée par l'annonce de la candidature à la présidentielle de l'ancien chef d'État bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo, renversé en 2025. En Éthiopie, la reprise des combats dans la région du Tigré, avec la prise de la ville d'Alamata par les forces fédérales, souligne la fragilité de la stabilité interne. Enfin, la Côte d'Ivoire intensifie son offensive diplomatique vers la Chine, visant à attirer des investissements industriels pour porter la part de l'industrie à 30 % de son PIB d'ici 2030, tandis que le Maroc et la France préparent une visite d'État du roi Mohammed VI à Paris, prévue pour janvier 2027, afin de consolider leur partenariat stratégique.