Pacifique oriental : Washington coule un troisième navire présumé de narcotrafiquants au large de l'Équateur

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 34 lectures
Pacifique oriental : Washington coule un troisième navire présumé de narcotrafiquants au large de l'Équateur

L'armée américaine a coulé en une semaine une troisième embarcation présumée de trafiquants de drogue au large de l'Équateur, intensifiant une campagne de frappes aériennes lancée il y a un an et qui suscite de vives inquiétudes parmi les pêcheurs locaux et les organisations de défense des droits humains. Plus de 200 morts ont été recensés depuis le début de cette offensive menée sous l'administration Trump contre le narcotrafic dans le Pacifique oriental et la mer des Caraïbes.

Manta, port de départ des trois navires ciblés

Dans le port de pêche de Manta, sur la côte sud-ouest du pays, d'où sont parties les embarcations interceptées cette semaine, des pêcheurs et leurs familles ont affirmé vendredi n'avoir aucun lien avec le narcotrafic et contesté les opérations américaines. Fausto Soza, pêcheur, confie avoir renoncé à sortir en mer depuis deux mois par crainte d'un engagement, tandis que des familles attendaient des nouvelles de leurs proches devant la capitainerie.

Los Choneros et le cartel de Sinaloa dans le viseur de Washington

Jeudi, Southcom a annoncé la destruction d'une embarcation présentée comme une « station de ravitaillement » du gang équatorien Los Choneros, interceptée par un navire militaire appuyé par un hélicoptère, puis coulée après le transfert de l'équipage aux autorités équatoriennes. Les deux navires détruits les jours précédents étaient également attribués par l'armée américaine à ce gang, qu'elle considère comme lié au cartel mexicain de Sinaloa. La Marine équatorienne a indiqué vendredi avoir reçu 28 membres d'équipage des navires coulés mercredi et jeudi, neuf autres étant en route à bord d'une autre embarcation, une nouvelle accueillie avec soulagement par les proches.

Une stratégie controversée et un front intérieur fragile

L'opération ravive les critiques déjà formulées en juillet par Human Rights Watch, qui affirmait que trois embarcations avaient été visées au large de l'Équateur, faisant au moins huit disparus, ce que Washington conteste. Au sol, le président Daniel Noboa mène une guerre ouverte contre le crime organisé et a intégré son pays au « Bouclier des Amériques », une coalition antidrogue d'une vingtaine d'États dirigée par Donald Trump. Malgré ce soutien, la violence reste élevée : avec 51 homicides pour 100 000 habitants l'an dernier, l'Équateur a affiché le taux le plus haut d'Amérique du Sud, la cocaïne transitant par ses ports pacifiques depuis la Colombie et le Pérou voisins.

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