Le décès d'un ressortissant angolais de 44 ans, survenu mardi 27 octobre au sein d'un commissariat de Seine-Saint-Denis, a déclenché l'ouverture d'une enquête confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Si les autorités mettent en avant un état de santé fragile, la famille de la victime a déposé plainte, dénonçant des violences volontaires ayant entraîné la mort.
Le déroulement de l'interpellation et de la garde à vue
L'homme avait été interpellé lundi pour des faits d'outrage et de menaces envers des agents dépositaires de l'autorité publique. En raison d'un taux d'alcoolémie élevé, son placement en garde à vue avait été initialement différé. Avant son décès le lendemain, le quadragénaire avait été examiné par deux médecins distincts, l'un à l'hôpital et l'autre au sein de l'unité médico-judiciaire, qui avaient tous deux jugé son état compatible avec la mesure de privation de liberté.
L'autopsie et les expertises médicales en cours
Les premiers résultats de l'autopsie, pratiquée mercredi, n'ont révélé aucune lésion traumatique apparente pouvant expliquer le décès. Le parquet de Bobigny a toutefois souligné la nécessité d'analyses complémentaires, notamment toxicologiques et anatomopathologiques, pour déterminer les causes exactes de la mort. Ces examens devront notamment établir si les antécédents cardiaques connus de la victime ont pu jouer un rôle déterminant dans l'arrêt cardiorespiratoire survenu mardi après-midi.
La plainte de la famille et l'enquête de l'IGPN
Parallèlement aux investigations techniques, l'avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou, a déposé une plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». La plainte soutient que le défunt ne souffrait d'aucune pathologie grave justifiant un décès soudain, suggérant que des violences auraient pu être commises lors de l'interpellation ou durant la détention. L'IGPN, saisie de manière systématique dans ce type de procédure, devra désormais entendre les policiers intervenants pour faire la lumière sur les conditions exactes de cette garde à vue.