Lors de l’ouverture de la session ordinaire unique 2026‑2027 de l’Assemblée nationale, le député Ousmane Sonko a présenté cinq résolutions visant à créer des commissions d’enquête parlementaires sur la gestion de plusieurs fonds spéciaux. Aminata Touré, haute représentante du président, a immédiatement réagi en rappelant que le contrôle financier relève de la Cour des comptes et de l’Inspection générale d’État, non du Parlement.
Cinq résolutions de Sonko ciblent les fonds spéciaux de 2012‑2026
Le mardi 13 octobre, Ousmane Sonko a annoncé que les résolutions porteraient sur les fonds spéciaux de la Primature, du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et du Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT) pour la période 2012‑2026. Chaque texte propose la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire afin d’examiner l’utilisation des ressources allouées, d’identifier d’éventuelles irrégularités et de formuler des recommandations de réforme.
Touré rappelle les compétences exclusives de la Cour des comptes et de l’IGE
Aminata Touré a souligné que les organes de contrôle institutionnels, à savoir la Cour des comptes et l’Inspection générale d’État (IGE), possèdent les compétences juridiques et techniques nécessaires pour auditer les finances publiques. Selon elle, « les députés ne sauraient s’arroger les prérogatives de la Cour des comptes et de l’IGE », et toute tentative de les remplacer serait du « populisme ». Elle a demandé que les dossiers mentionnés dans les résolutions soient transmis aux instances compétentes pour une vérification rigoureuse.
Enjeux de gouvernance et risques de politisation des enquêtes
Le débat met en lumière la tension entre la volonté de transparence parlementaire et la préservation d’un cadre de contrôle indépendant. Touré a mis en garde contre les « manœuvres et manipulations politiques » qui pourraient découler d’enquêtes menées sans l’expertise requise. Elle a également insisté pour que le fonds JAM destiné à la paix en Casamance soit inclus dans les vérifications, élargissant ainsi le champ des préoccupations de bonne gouvernance. La confrontation entre Sonko et Touré illustre la difficulté de concilier exigences de reddition de comptes et respect des compétences institutionnelles dans le paysage politique sénégalais.