À l'occasion de la clôture de la deuxième session extraordinaire de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko a exposé une vision renouvelée de la pratique démocratique au Sénégal. Il rejette l'idée que le pouvoir se limite à la séquence électorale, plaidant pour une citoyenneté active et continue.
Au-delà du suffrage universel
Pour le président de l'Assemblée nationale, le vote ne constitue qu'une étape ponctuelle de la vie démocratique. S'appuyant sur les travaux de l'économiste Amartya Sen, il insiste sur la nécessité de maintenir un espace de débat permanent. Selon cette approche, la souveraineté populaire doit s'exprimer au quotidien à travers les médias, les organisations de la société civile, les institutions académiques et le travail parlementaire. Cette conception impose aux gouvernants une obligation de transparence et de justification constante de leurs décisions.
L'efficacité des politiques publiques comme boussole
Ousmane Sonko a formulé une critique sévère des indicateurs traditionnels de réussite politique. Il estime que la qualité d'une gouvernance ne doit être évaluée ni par la rhétorique des discours, ni par le montant des financements mobilisés. La légitimité d'une action publique se mesure, selon lui, exclusivement à son impact sur le quotidien des citoyens. Il identifie des domaines prioritaires pour cette évaluation : l'accès effectif aux soins de santé, la qualité de l'instruction scolaire, la création d'emplois dignes et l'accès aux services de base comme l'eau potable.
La primauté de l'intérêt national
Le discours souligne également une distinction fondamentale entre l'intérêt général et les ambitions partisanes ou institutionnelles. Ousmane Sonko affirme que les institutions — qu'il s'agisse de la présidence, du gouvernement, du Parlement ou de la justice — ne sont que des outils au service du peuple. Cette vision place la réduction des inégalités et le renforcement de la souveraineté au cœur de la mission de l'État. En somme, la démocratie est ici définie comme un contrat dont l'utilité sociale constitue l'unique mesure de succès, plaçant le citoyen non plus seulement comme origine du pouvoir, mais comme sa destination finale.