Le président de l'Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a apporté des précisions sur les circuits décisionnels ayant régi la dette publique durant son passage à la Primature. Cette intervention, tenue lors de la Déclaration de politique générale de son successeur, met en lumière une gouvernance financière centralisée et interroge la transparence des processus budgétaires face aux engagements internationaux.
Un cercle décisionnel restreint
Ousmane Sonko a tenu à clarifier les modalités de gestion de la dette sous son magistère, réfutant toute délibération collégiale en Conseil des ministres. Selon ses déclarations, les arbitrages stratégiques étaient réservés à un comité restreint composé de cinq personnes, incluant le Premier ministre, les ministres en charge des Finances et de l'Économie, le secrétaire général du Gouvernement ainsi qu'un ministre d'État. Ce dispositif, initialement piloté depuis la Primature, voyait ses discussions se prolonger au niveau de la présidence de la République, sous l'autorité du président Bassirou Diomaye Faye.
La transparence au cœur des échanges avec le FMI
L'ancien chef du gouvernement a également affirmé avoir pris connaissance du mémorandum de politiques économiques et financières, fruit des accords techniques entre l'État sénégalais et le Fonds monétaire international (FMI). Ce document, structuré autour de cinq piliers, couvre des domaines allant de la transparence des finances publiques à l'amélioration du système statistique national. En revendiquant l'accès à ces informations, Ousmane Sonko souligne l'importance de la maîtrise des engagements financiers pris auprès des institutions internationales pour assurer une évaluation efficace des politiques publiques.
La rupture avec le Conseil des ministres
Le point saillant de cette intervention réside dans l'affirmation catégorique que la question de la dette n'a jamais été inscrite à l'ordre du jour du Conseil des ministres durant sa période à la tête du gouvernement. Cette précision souligne une volonté de distinguer les instances de décision politique globale des mécanismes techniques de gestion de la dette. Pour les observateurs de la vie publique, cette déclaration soulève des questions sur les procédures de validation des engagements financiers de l'État et sur la nature des flux d'informations entre l'exécutif et les instances de contrôle.