Le président de l'Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a rompu un silence prolongé lors de l'ouverture de la session ordinaire 2026-2027. Il a annoncé le lancement de cinq nouvelles commissions d'enquête parlementaires, marquant une volonté accrue de contrôle sur l'Exécutif et la gestion des deniers publics.
Un périmètre d'investigation élargi
Les nouvelles commissions d'enquête visent des dossiers stratégiques et sensibles. Parmi les sujets ciblés figurent l'affaire Petro-Tim-Kosmos Energy, ainsi que le Plan décennal de lutte contre les inondations, un secteur où le chef de l'État a parallèlement ordonné un audit interne. Le contrôle parlementaire s'étendra également à la gestion des fonds spéciaux de la Primature, du Haut Conseil des collectivités territoriales et du Conseil économique, social et environnemental sur la période 2012-2026. Enfin, les programmes financés par Banco Santander, notamment via l'Agence sénégalaise d'électrification rurale, ainsi que l'accord sur les données personnelles des citoyens conclu avec les États-Unis, feront l'objet d'un examen approfondi.
La reddition des comptes comme exigence démocratique
Pour Ousmane Sonko, cette démarche ne vise pas à se substituer à l'autorité judiciaire, mais à établir des faits et formuler des recommandations législatives. Il insiste sur la distinction entre le respect formel des procédures et l'efficacité réelle des politiques publiques. Selon lui, une dépense peut être conforme administrativement tout en échouant à atteindre ses objectifs. Il érige ainsi la reddition des comptes en « exigence morale et juridique », condition indispensable à la crédibilité de l'action publique et à la transparence envers les citoyens.
Une session parlementaire sous haute tension
Cette initiative intervient alors que le gouvernement s'apprête à soumettre la loi de finances rectificative 2026 et le budget 2027 à l'examen des députés. En multipliant les fronts de contrôle, le président de l'Assemblée nationale impose un rythme soutenu à l'Exécutif. Si ces enquêtes promettent de clarifier l'usage des ressources nationales, elles placent également le gouvernement dans une position délicate, contraint de justifier ses choix budgétaires et opérationnels face à une Assemblée déterminée à exercer pleinement ses prérogatives de surveillance.