Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a formellement requis la publication immédiate du mémorandum de politiques économiques et financières négocié avec le Fonds monétaire international (FMI). Cette exigence de transparence vise à lever le voile sur les engagements précis pris par l'État dans le cadre d'un nouveau programme de 2,2 milliards de dollars, dont les détails restent, à ce jour, inaccessibles au public et aux instances législatives.
Les zones d'ombre du programme 2026-2029
Bien qu'un accord technique ait été annoncé le 1er septembre dernier, Ousmane Sonko souligne le caractère lacunaire des informations communiquées. Le chef du gouvernement pointe l'absence de précisions sur des leviers stratégiques majeurs : la restructuration de la dette publique, les mécanismes de protection des ménages vulnérables et les stratégies de mobilisation des recettes internes. Le Premier ministre s'interroge également sur le suivi des entreprises publiques et sur la suite donnée aux audits internationaux de la dette, initialement exigés lors des cycles de négociations précédents.
Le poids du passif financier
Cette demande de divulgation s'inscrit dans un contexte de méfiance accru après la suspension du précédent programme en septembre 2024. Cette rupture avait été provoquée par la découverte d'irrégularités dans la déclaration des données de la dette par l'administration précédente. La crédibilité du nouveau programme, qui couvre la période 2026-2029, dépend désormais de la validation par le conseil d'administration du Fonds, elle-même conditionnée par les conclusions de l'audit des finances publiques en cours.
Le calendrier parlementaire comme échéance
Ousmane Sonko rappelle que les orientations négociées avec l'équipe de Mercedes Vera Martin devront nécessairement être intégrées au projet de loi de finances pour 2027. Le gouvernement prévoit de soumettre ce texte budgétaire à l'Assemblée nationale en octobre 2026. Cette étape législative constituera, selon le Premier ministre, le cadre formel indispensable pour engager un débat parlementaire approfondi sur la nature et les conséquences des engagements pris auprès de l'institution de Washington.