Ousmane Sonko, ancien Premier ministre du Sénégal, a brisé le silence sur la polémique autour d’une demande de rallonge budgétaire à la Primature. En détaillant les postes de dépenses qui, selon lui, nécessitaient une inscription dans une loi de finances rectificative, il répond aux accusations du ministre Abdourahmane Diouf portées fin juillet.
Les faits essentiels
Le ministre Abdourahmane Diouf a affirmé que la Primature, sous la direction de Sonko, aurait épuisé l’enveloppe de 1,77 milliard de francs CFA allouée aux fonds spéciaux avant de solliciter un complément budgétaire, sans préciser si ce complément avait été accordé. En réponse, Sonko a présenté une ventilation précise des dépenses à l’origine de la demande : 940 560 000 FCFA pour l’acquisition de véhicules auprès de l’ONRAC, 87 millions de FCFA pour l’évaluation et l’audit technique et financier du programme décennal de gestion des inondations, 100 millions de FCFA destinés aux activités du comité de commémoration du massacre de Thiaroye de 1944, et 300 millions de FCFA pour les travaux de remise aux normes du building administratif, incluant dédommagements et installation d’équipements. Sonko a souligné que ces postes requéraient une inscription dans la prochaine loi de finances rectificative.
Pourquoi c'est important
Cette clarification revêt une importance politique et budgétaire majeure. D’une part, elle répond à une accusation de mauvaise gestion des fonds publics, un sujet sensible dans le contexte sénégalais où la transparence financière est scrutée par l’opinion publique et les institutions de contrôle. D’autre part, la mise en évidence de dépenses spécifiques montre que la Primature devait financer des projets d’infrastructure, de sécurité routière et de mémoire historique, des domaines souvent prioritaires dans les programmes gouvernementaux. La nécessité d’inscrire ces dépenses dans une loi de finances rectificative indique que le cadre budgétaire initial ne prévoyait pas ces besoins, ce qui explique la demande de rallonge et ouvre le débat sur la flexibilité du budget de l’État.
Ce qu'il faut surveiller
Les prochains développements porteront sur la décision du Parlement concernant l’adoption d’une loi de finances rectificative incluant les montants évoqués par Sonko. L’issue de ce processus législatif déterminera si la Primature recevra les fonds complémentaires demandés. Par ailleurs, les organes de contrôle, tels que la Cour des comptes, pourraient examiner la conformité des dépenses avec les règles de la gestion publique, ce qui pourrait entraîner des recommandations ou des sanctions. Enfin, la réaction du ministre Diouf et d’autres acteurs politiques à la justification de Sonko sera à suivre, car elle pourrait influencer la perception du public sur la gestion des fonds spéciaux et la crédibilité des responsables gouvernementaux.