Orano mise sur le Botswana pour sécuriser son approvisionnement en uranium après le Niger

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 20 lectures
Orano mise sur le Botswana pour sécuriser son approvisionnement en uranium après le Niger

Le groupe français Orano renforce sa présence au Botswana avec 18 permis de prospection d’uranium, une stratégie de diversification pour compenser la perte de ses actifs au Niger, où ses décennies de présence se sont soldées par des nationalisations et des tensions avec Niamey.

Une expansion stratégique en Afrique australe

Orano Mining a obtenu trois nouveaux permis au Botswana en 2026, portant son portefeuille à 18 titres de prospection. Deux de ces permis, attribués en avril 2026, sont valables jusqu’en mars 2029, tandis que le troisième, octroyé en janvier 2026, expire en décembre 2028. Ces acquisitions s’ajoutent aux 15 permis déjà détenus par la Compagnie Française de Mines et Métaux, filiale du groupe, sollicités en avril 2025 et valables jusqu’en septembre 2028. Une offensive qui marque un tournant dans la stratégie africaine d’Orano, alors que ses activités au Niger s’effondrent sous la pression politique.

Le Niger, un échec coûteux pour Orano

La rupture avec le Niger s’est accélérée en 2024 avec le retrait du permis du projet Imouraren, suivi en juin 2025 par la nationalisation de la Somaïr, principale mine d’uranium du groupe dans le pays. Orano détenait 63,4 % du capital de cette coentreprise, contre 36,6 % pour l’État nigérien. Les autorités de Niamey ont justifié cette décision par des accusations de déséquilibre dans la répartition des bénéfices, tandis qu’Orano conteste la légitimité de la nationalisation et le sort réservé aux stocks d’uranium produits. Un différend qui illustre les risques géopolitiques pesant sur les investissements miniers en Afrique.

Un portefeuille industriel intact malgré les revers miniers

Si la perte des actifs nigériens fragilise la production directe d’Orano, le groupe conserve une influence majeure dans l’industrie nucléaire mondiale. Ses capacités industrielles en France – conversion à Malvési et au Tricastin, enrichissement via l’usine Georges Besse II – lui permettent de contrôler environ 40 % des capacités occidentales de conversion et de figurer parmi les trois premiers acteurs mondiaux de l’enrichissement. Une position qui explique pourquoi la diversification minière reste une priorité, même si les 18 permis botswanais ne garantissent pas encore de production. L’extension de Georges Besse II, financée à hauteur de 1,7 milliard d’euros, doit ajouter 30 % de capacité dès 2028, compensant partiellement les volumes perdus au Niger.

Un marché de l’uranium sous tension

La sécurisation de l’approvisionnement en uranium est devenue un enjeu stratégique pour l’industrie nucléaire, alors que les tensions géopolitiques et les nationalisations menacent les chaînes d’approvisionnement traditionnelles. Le Botswana, stable politiquement et riche en ressources potentielles, représente une alternative crédible pour Orano. Cependant, les permis obtenus ne constituent qu’une première étape : leur exploitation dépendra des résultats des campagnes de prospection, qui pourraient déboucher sur l’identification de gisements exploitables d’ici 2028-2029. En attendant, le groupe mise sur ses atouts industriels pour maintenir sa position de leader, malgré les revers africains.

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