Orange et trois géants européens des télécoms envisagent une alternative souveraine à Starlink

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 38 lectures
Orange et trois géants européens des télécoms envisagent une alternative souveraine à Starlink

Face à l'hégémonie croissante de Starlink dans le secteur des communications par satellite, quatre leaders européens des télécommunications explorent la création d'un réseau commun. Ce projet, qui réunirait Orange, Deutsche Telekom, Vodafone et Telefónica, vise à sécuriser une infrastructure sous contrôle européen pour les services de connexion directe aux smartphones.

Une stratégie pour l'autonomie numérique

L'enjeu central de cette alliance potentielle est la maîtrise du segment « direct-to-device », une technologie permettant aux téléphones mobiles de se connecter directement aux satellites pour les appels, les SMS et les données. En développant une alternative européenne, ces opérateurs cherchent à éviter une dépendance technologique totale vis-à-vis des infrastructures américaines, jugée critique en cas de conflit ou de gestion de catastrophes majeures.

La bataille pour les fréquences de 2027

La Commission européenne prévoit de restructurer l'attribution des bandes de fréquences en mai 2027. Bruxelles envisage de réserver un tiers de la bande des 2 GHz à un opérateur sous contrôle européen, tandis qu'un autre tiers serait alloué aux besoins régaliens via le programme IRIS². Ce positionnement stratégique offrirait au consortium une opportunité de s'imposer sur le marché face à SpaceX, qui ne dispose pas encore de fréquences propres en Europe pour commercialiser ses services en toute indépendance.

Des alliances complexes à clarifier

La constitution de ce consortium se heurte toutefois à des réalités industrielles disparates. Certains membres du groupe entretiennent déjà des liens étroits avec des acteurs américains : Deutsche Telekom collabore avec Starlink pour couvrir les zones blanches, tandis que Vodafone est engagé dans une coentreprise avec AST SpaceMobile. Pour prétendre aux licences réservées aux acteurs européens, ces entreprises devront potentiellement revoir la structure de leurs partenariats actuels.

Un projet au stade préliminaire

Bien que l'idée d'un réseau satellitaire européen gagne du terrain, aucune décision formelle n'a été actée. Les discussions entre les quatre géants restent à un stade précoce et aucune communication officielle n'a été émise par les parties prenantes. L'échéance des enchères de fréquences en 2027 constitue désormais le point de mire de ce dossier, qui cristallise les ambitions de l'Union européenne en matière de souveraineté spatiale.

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