Le tribunal correctionnel d’El Othmania, à Oran, examine actuellement le dossier d’un individu poursuivi pour exercice illégal de la médecine, escroquerie et mise en vente de produits périmés. Cette affaire, qui met en lumière les risques sanitaires liés aux pratiques non réglementées, a conduit le ministère public à requérir une peine de quatre ans de prison ferme.
Des pratiques médicales sans qualification
Le prévenu, identifié sous les initiales « B-M-A », proposait une large gamme de soins allant de la hijama et l’acupuncture à la roqya et l’usage de sangsues, tout en commercialisant des huiles et plantes médicinales. Si l’intéressé a tenté de justifier ses activités par un certificat délivré par la Chambre de commerce et d’industrie, le tribunal a rappelé que ces actes relèvent strictement de la profession médicale, laquelle exige un parcours académique et une autorisation spécifique des autorités sanitaires.
Risques sanitaires et manquements à l'hygiène
L’enquête, déclenchée par une opération de contrôle de la commission de santé et de protection de l’environnement, a révélé des conditions d’exercice alarmantes. Outre la découverte de produits médicaux périmés, les autorités ont relevé l’utilisation de matériel d’injection, notamment pour du Botox, sans changement de seringue entre les patients. Ces manquements graves aux règles d’hygiène font craindre des conséquences sanitaires lourdes pour les personnes ayant été prises en charge dans ce local.
Une défense contestée par les faits
À la barre, le prévenu a nié toute pratique chirurgicale ou esthétique, affirmant limiter son activité à la médecine alternative par les plantes. Concernant les produits périmés retrouvés sur place, il a invoqué une absence au moment des faits, rejetant la responsabilité sur son assistante. Ces arguments n'ont pas convaincu l'Association de protection des consommateurs, qui s'est constituée partie civile pour défendre les intérêts des victimes potentielles.
Un verdict attendu
Le tribunal correctionnel d’El Othmania a mis l’affaire en délibéré. Le prononcé du jugement, qui déterminera la responsabilité pénale du prévenu face aux accusations d’escroquerie et de mise en danger de la vie d’autrui, est attendu pour la semaine prochaine. Ce procès souligne l'importance des contrôles des autorités sur les commerces de beauté et de bien-être pour garantir la sécurité des citoyens.