Opération «Zéro kuluna» : plus de 560 jeunes disparus au Congo-Brazzaville, selon l’OCDH

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 39 lectures
Opération «Zéro kuluna» : plus de 560 jeunes disparus au Congo-Brazzaville, selon l’OCDH

Le rapport publié le 22 septembre par l'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH) indique que 561 jeunes ont disparu depuis le lancement de l'opération «Zéro kuluna». Cette campagne, confiée à la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) par le président Denis Sassou Nguesso, suscite des appels à la transparence et à la justice.

Opération «Zéro kuluna» : cadre et objectifs

En septembre 2025, le chef de l’État a mandaté la garde présidentielle pour mener une lutte intensive contre la criminalité urbaine, désignée localement sous le terme de «kulunas», c’est‑à‑dire de jeunes délinquants. L’opération se voulait une réponse rapide aux vols et aux agressions dans les grandes villes, mais elle a été placée sous l’autorité exclusive de la DGSP, une structure habituellement dédiée à la protection du président et de sa famille.

Disparitions recensées : le bilan de l’OCDH

Après douze mois d’enquête, l’OCDH a compilé 561 cas de jeunes portés disparus dans les quatre principales agglomérations du pays – Brazzaville, Pointe‑Noire, Dolisie et Nkayi. Les victimes, âgées de 15 à 25 ans, ont été arrêtées lors de perquisitions nocturnes ou d’opérations de rue, puis n’ont plus donné signe de vie. Le rapport précise que ces personnes sont « soustraites à la protection de la loi », ce qui signifie qu’elles ne sont ni présentées aux autorités judiciaires, ni inscrites dans les registres officiels de détention.

Témoignages de familles et appel à la justice

Les familles décrivent des scènes d’arrestation violentes. Dieudonné, père d’un jeune de 19 ans disparu depuis le 22 avril, raconte avoir été réveillé en pleine nuit par des militaires cagoulés, qui ont saisi son fils alors qu’il se préparait à passer le baccalauréat. Aucun renseignement sur le lieu de détention n’a été fourni depuis. De même, Julienne, mère d’un adolescent, explique qu’elle ne sait plus où son fils a été interné, ni s’il est vivant. Ces témoignages illustrent le climat d’angoisse qui règne parmi les proches des disparus.

Enjeux et réactions des organisations de droits humains

L’OCDH, représenté par son président Parfait Moukoko, souligne la contradiction entre la lutte contre la criminalité et le respect de l’État de droit. L’observatoire demande que les personnes arrêtées soient jugées devant les tribunaux compétents, que la DGSP révèle les lieux de détention et que les autorités ouvrent des enquêtes impartiales pour déterminer les responsabilités. Selon le rapport, la délégation de la sécurité publique à une unité présidentielle compromet la séparation des pouvoirs et expose les citoyens à des abus potentiels.

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