Le gouvernement ghanéen a confirmé avoir déboursé 33,72 millions de cedis pour rapatrier près de 1 900 de ses ressortissants d'Afrique du Sud, une opération à laquelle s'est ajoutée une contribution privée de 16 millions de cedis versée par Engineers & Planners, le groupe de l'homme d'affaires Ibrahim Mahama. Le coût total s'établit ainsi à 49,72 millions de cedis, selon les chiffres détaillés rendus publics par le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa.
Dépenses publiques et contribution privée détaillées
L'essentiel des fonds, soit 38,84 millions de cedis, a été consacré aux vols affrétés, aux billets d'avion, au transport terrestre, à la restauration, à l'hébergement et aux soins médicaux des évacués. Un peu plus de 10,80 millions de cedis supplémentaires ont servi aux allocations de transport et au dispositif de réintégration des rapatriés. Enfin, 84 274 cedis ont couvert le rapatriement des dépouilles de deux Ghanaïens décédés. La contribution d'Engineers & Planners est venue s'ajouter à cet effort budgétaire de l'État.
Ibrahim Mahama salué par le ministre des Affaires étrangères
Samuel Okudzeto Ablakwa a publiquement remercié Ibrahim Mahama et son entreprise, qualifiant leur apport d'« engagement extraordinaire » envers les Ghanéens en difficulté. Le ministre a souligné que cette participation du secteur privé a permis de compléter les ressources publiques et de répondre plus rapidement aux besoins logistiques et sociaux des personnes évacuées. Cette reconnaissance ministérielle donne une dimension quasi officielle au rôle d'un acteur privé dans une opération relevant pourtant des prérogatives de l'État.
Un précédent dans la gestion des crises migratoires
L'opération a été déclenchée par la résurgence d'attaques xénophobes en Afrique du Sud, qui ont ravivé les inquiétudes quant à la sécurité des migrants ghanéens et africains dans le pays. Au-delà du coût, cette intervention pose une question de fond sur le modèle de financement de la protection des ressortissants à l'étranger : le précédent créé par l'implication directe d'un grand opérateur privé pourrait servir de modèle, ou de point de débat, lors de futures crises impliquant des Ghanéens bloqués à l'étranger. L'enjeu, à suivre, sera d'évaluer si ce type de partenariat ponctuel devient un réflexe ou demeure une exception.