Une nouvelle vague de poursuites judiciaires a été engagée devant un tribunal fédéral de Californie contre OpenAI et son PDG, Sam Altman. Trente nouveaux plaignants, incluant des enseignants et des élèves ayant survécu à la fusillade survenue le 10 février à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, accusent l'entreprise de négligence grave dans la gestion des données de sécurité liées à l'auteure du drame.
Le défaut d'alerte au cœur des accusations
Le cœur du litige repose sur la gestion des interactions entre la tireuse et le robot conversationnel ChatGPT. Selon les documents déposés, OpenAI avait suspendu le compte de l'auteure quelques mois avant les faits, en raison d'échanges faisant référence à la violence armée. Les plaignants soutiennent que l'équipe de renseignement et d'enquête de l'entreprise a délibérément choisi de ne pas signaler ces menaces à la Gendarmerie royale du Canada, privant ainsi les autorités d'une opportunité d'intervenir avant la tragédie qui a coûté la vie à huit personnes.
Un traumatisme collectif et des demandes de réparation
Les témoignages versés au dossier judiciaire illustrent l'ampleur du traumatisme subi par les survivants. Des enseignants et des élèves décrivent des scènes d'une extrême violence, évoquant des situations où ils ont dû se cacher sous des bureaux ou enjamber des victimes pour échapper à la tireuse. Ces récits personnels servent de base à une demande de dommages-intérêts pouvant atteindre un milliard de dollars. Cette action collective s'ajoute à sept autres plaintes déjà déposées en Californie, ainsi qu'à une procédure engagée par le gouvernement de la Colombie-Britannique.
La responsabilité des géants de l'IA en question
Ces poursuites marquent une étape importante dans la responsabilisation des entreprises technologiques face aux conséquences réelles de leurs outils. En ciblant directement la direction d'OpenAI, les avocats des victimes cherchent à établir un lien de causalité entre les décisions internes de modération et la sécurité publique. Alors que l'entreprise n'a pas encore répondu officiellement à ces nouvelles accusations, le dossier soulève des questions cruciales sur les protocoles de signalement que les développeurs d'intelligence artificielle doivent mettre en place lorsqu'ils détectent des intentions criminelles chez leurs utilisateurs.