OpenAI visé par 30 nouvelles plaintes après la fusillade de Tumbler Ridge au Canada

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 52 lectures
OpenAI visé par 30 nouvelles plaintes après la fusillade de Tumbler Ridge au Canada

Trente nouvelles plaintes ont été déposées mercredi devant un tribunal fédéral de Californie contre OpenAI et son PDG Sam Altman, accusés d'avoir joué un rôle dans la fusillade meurtrière de février à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, qui a coûté la vie à huit personnes. Ces recours s'ajoutent à sept plaintes initiales déposées en avril, portant la pression judiciaire sur l'entreprise américaine à un niveau inédit depuis la tragédie.

Jesse Van Rootselaar et le rôle présumé de ChatGPT

Selon les avocats des plaignants, la tireuse de 18 ans, identifiée comme Jesse Van Rootselaar, avait décrit à ChatGPT des scénarios impliquant des violences par arme à feu avant de passer à l'acte. Les plaintes affirment qu'OpenAI et sa direction avaient connaissance de ces intentions sans avoir alerté les forces de l'ordre. En avril, Sam Altman avait pourtant présenté des excuses publiques, reconnaissant que l'entreprise n'avait pas signalé la situation à la police après les faits. La jeune femme avait tué sa mère et son demi-frère avant de se rendre à l'école secondaire de Tumbler Ridge, où elle a ouvert le feu, faisant cinq enfants et une enseignante morts, ainsi que plus de 25 blessés, avant de mourir d'une blessure qu'elle se serait infligée elle-même.

Des témoignages au cœur de la procédure

Parmi les plaignants figurent des enseignants et des élèves témoins et rescapés de l'attaque. Une plainte a été déposée au nom d'un adolescent de 13 ans, identifié comme A C, qui aurait fait le mort après avoir vu la tireuse tuer ses camarades et leur professeure. Une enseignante de septième année, Deidre Rushlow, raconte également s'être cachée sous son bureau avec ses élèves pendant la tuerie. Jason Kwon, directeur de la stratégie d'OpenAI, a déclaré sur X que l'entreprise aborde ce contentieux « avec respect pour le processus légal et les familles ».

Une pression juridique qui s'élargit

En juillet, la procureure générale de la Colombie-Britannique, Niki Sharma, avait annoncé que la province entendait elle aussi poursuivre « toutes les voies légales pour tenir OpenAI et ses décideurs responsables ». Au-delà de ce dossier, l'entreprise fait face à une multiplication de plaintes aux États-Unis et au Canada, certaines alléguant que des utilisateurs ont attenté à leur vie après des échanges avec ChatGPT, dont un cas au Québec. Une autre procédure, récemment engagée en Floride, accuse OpenAI d'avoir « activement aidé et encouragé » une fusillade sur le campus de la Florida State University en avril 2025.

Un précédent pour l'industrie de l'IA

L'accumulation de ces recours pose une question de portée collective : la responsabilité juridique des concepteurs d'IA générative lorsqu'un utilisateur exprime à un chatbot des intentions violentes avant de passer à l'acte. L'issue des procédures de Tumbler Ridge, suivies de près par les régulateurs et l'ensemble du secteur, pourrait devenir une référence sur l'obligation de signalement des entreprises d'intelligence artificielle face à des menaces identifiées.

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